L’Appel de Marseille, au 26ᵉ Congrès de la Commission internationale de l’irrigation et du drainage (CIID/ICID)

Le 26ᵉ congrès de la Commission internationale de l’irrigation et du drainage (CIID) s’est tenu du 12 au 17 octobre 2026 à Marseille. Organisé par l’association Eau, Agriculture et Territoires (EAT), le comité national français de la CIID, il a rassemblé environ un millier de participants autour d’une question centrale : comment augmenter la production alimentaire avec une ressource en eau plus rare, variable et vulnérable ?

L’Appel de Marseille : un cadre commun

La session (ou "segment") de haut niveau a été l’occasion d’adopter L'Appel de Marseille - 

une déclaration politique non contraignante issue d’une consultation de l’ensemble des membres de la CIID (praticiens, décideurs, chercheurs), à laquelle 18 pays membres ont directement contribué. Il repose sur cinq priorités complémentaires, non hiérarchisées :

  • Aligner les systèmes agricoles sur les réalités de l’eau, du climat et des sols ;

  • Reconnaître l’agriculture comme gardienne de la ressource en eau ;

  • Planifier et gérer des systèmes agricoles diversifiés ;

  • Mobiliser des financements durables, ciblés et accessibles ;

  • Renforcer les capacités par la recherche, les données et les connaissances, en reconnaissant la place des femmes et des jeunes.

La France, pays hôte, a ouvert la session de haut niveau consacrée à l’Appel qui a reconnu l’excellence française sur ces thématiques et a accueilli les délégations aux côtés de l’association Eau, Agriculture et Territoires. Lors de cette session, 14 délégations étaient réunies pour reconnaître cet appel et ont plaidé en faveur de sa mise en œuvre.

 

Les grands messages de la journée

Le premier message politique est de souligner que l’eau et l’agriculture sont indissociables : il ne peut y avoir de sécurité alimentaire sans sécurité de l’eau, et l’agriculture fait partie intégrante de la solution. Le débat porte désormais sur la mise en œuvre de l’Appel de Marseille, les points sensibles identifiés étant le passage à l’échelle des projets d’irrigation et de drainage, la diffusion des connaissances et le financement.

Les participants ont également rappelé qu’aucune solution n’est transférable telle quelle : les réponses doivent être adaptées à chaque territoire, d’où l’importance du partage d’expériences entre pays. Les innovations, comme la télédétection, les drones et l’agriculture de précision, doivent quant à elles rester accessibles aux petits exploitants et s’appuyer sur une gouvernance locale forte.

L’enjeu du financement a par ailleurs été souvent évoqué : les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls le coût de l’adaptation au changement climatique. Les pistes avancées combinent financements publics et privés, rôle des banques publiques agricoles, rémunération des services écosystémiques et tarification de l’eau adaptée à la capacité contributive des usagers. L’enjeu est également de faire parvenir ces financements jusqu’aux agriculteurs. Les débats ont aussi souligné les difficultés d’accès des agricultrices à la terre, à l’énergie et aux instances de gestion de l’eau, ainsi que la nécessité de mobiliser les jeunes générations.

 

Les prochaines échéances : 

Les travaux du 26ᵉ congrès de la Commission internationale de l’irrigation et du drainage nourriront deux rendez-vous internationaux : la Conférence des Nations Unies sur l’eau, en décembre aux Émirats arabes unis, et le 11ᵉ Forum mondial de l’eau, en Arabie saoudite en mars 2027.

La Commission internationale de l’irrigation et du drainage (CIID, ou ICID en anglais) est une organisation internationale non gouvernementale créée en 1950. Elle réunit praticiens, décideurs et chercheurs de ses pays membres autour de la gestion de l’eau agricole, de l’irrigation et du drainage.

 

En lire plus : ICID 26 – ICID, Commission Internationale sur l’Irrigation et le Drainage