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Le projet le Ray a été créé sur un parc de 3 hectares à Nice, avec l’idée que la nature reprenne le dessus sur le bâti. Le projet compte des logements, des logements sociaux, une zone d’activité commerciale, un dojo, une salle associative et des jardins partagés. C’est aussi le plus grand projet à façade végétale d’Europe.

 

Le quartier Le Ray à Nice est un quartier Niçois à forte identité populaire, qui abrite un cours d’eau et un stade de foot. Lou Ray est une petite source qui irriguait les plantes méditerranéennes et venait alimenter les moulins à huile. Le quartier a également une identité sportive ; à partir de 1927, les Aiglons y ont joué, et ce jusqu’en 2013, date à laquelle le stade a été détruit et déplacé sur la plaine du Var. Une partie sportive a été conservée dans le projet d’aménagement : la tribune historique et un terrain de foot.

 

Une grande diversité d’essences végétales

Ce projet à façade végétale a été mené par l’architecte Edouard François, à une échelle très importante, d’autant plus importante qu’il est magnifié par le parc. « Nous avons fait à la place du stade Le Ray un parc, et ce projet dans le prolongement du parc » explique Edouard François.

Le bâti est composé de ganivelles, bardages de bois que l’on retrouve dans le travail d’Edouard François. Ici, les ganivelles ont un peu évoluées, et sont en robinier, un bois européen qui vient de forêts européennes certifiées, très durable, de grande qualité.

Selon Jean-Frédéric Gay, paysagiste : « il a fallu rendre le site à la nature ». Le parc abrite trois sortes de pins : des pins d’Alep, des pins maritimes et des pins parasols. Ensuite, avec Edouard François et le projet de bâti, ils ont trouvé intéressant d’apporter un peu plus de diversité.

Selon Jean-Frédéric Gay, « On a travaillé sur la culture de la Riviera, de Nice à Menton, et le climat particulier de la région nous a permis d’introduire des plantes du monde entier ». Et il reprend : « On trouve deux entités : l’entité naturelle composée de garrigue et de pinède que l’on trouve dans le parc. Et l’on a fabriqué à l’intérieur de l’opération une forme de végétation, un jardin très luxuriant typique de la Riviera ». 

Aux abords des immeubles, d’abord, pour éviter que le trottoir touche la façade, on a des bandes de terre ; des pins, des arbustes et des plantes vivaces y ont été plantées, en pleine terre.

Pour habiller les façades, il fallait des plantes grimpantes ; on y trouve du jasmin, des rosiers et des chèvrefeuilles.

Les façades végétalisées sont particulières, et corres­pondent à une nouvelle recherche mise au point par Edouard François : l’anastomose des voies aériennes. Il explique « On a des pots dans lesquels on met des plantes grimpantes, et on vient tout greffer les uns dans les autres. Botaniquement, au bout de trois ans, il s’agit d’une seule et unique espèce ».

Et sur les toits-terrasses, une pinède a été plantée, avec des espèces un peu plus naines pour qu’elles consti­tuent un toit vert, en parfaite harmonie avec le parc.

Enfin, les deux bâtiments centraux abritent sur les toits un jardin partagé, avec une activité de maraî­chage gérée par une association professionnelle. Les habitants du quartier pourront participer au jardinage et récolter le fruit de leur travail.

 

L’installation d’arrosage

Toutes les plantations sont arrosées. L’installation d’arro­sage a été pensée et surveillée par Florent Poissonnet, de JFL Concept (maître d’œuvre arrosage).

Au départ, il y a une alimentation globale de l’ensemble, qui est ensuite décomposée en une alimentation pour la copropriété et une alimentation pour la ville.

Arrosage des bâtiments. La partie copropriété est alimentée par une station de pompage qui fait la jonction avec une bâche de stockage d’une capacité de 150 m3, alimentée par les eaux de pluie au sous-sol -2 (60 % des eaux de pluie reviennent dans la bâche). Un équipement permet d’alimenter la bâche en eau potable, quand le stockage en eau de pluie est insuffisant.

Le point de distribution se trouve au sous-sol -2 dans un local spécifique arrosage, avec une station de pompage, une filtration autonettoyante et une pompe doseuse avec apports nutritifs.

À partir du local technique, on a 4 départs pour faire la distribution d’arrosage de la copropriété : deux pour l’ali­men­tation des Rez de jardin (RDJ), et deux qui corres­pondent à l’alimentation de la distribution d’arrosage des bâtiments (façades et toitures). Les deux réseaux d’ali­mentation des bâtiments en sous-sol -1 et permettent d’avoir un bouclage pour l’alimen­tation du réseau de chaque bâtiment.

Au milieu des 8 bâtiments, un départ alimente chacun des bâtiments et un compteur permet d’avoir une gestion individuelle de chaque bâtiment.

Dans chaque bâtiment, des équipements hydrauli­ques et électriques localisés aux niveaux 1, 3, 5 ou 7 permet­tent l’alimentation de 2 ou 3 niveaux à la fois. La distribution de la toiture se fait avec l’équipement qui se trouve au dernier étage, dans les gaines techniques d’adduction d’eau. À partir des gaines techniques, on retrouve les départs associés, qui font la relation avec les façades des bâtiments.

Il y a 3 modèles de jardinières : deux modèles rectangu­laires et un modèle carré (1 x 1 m), dans lesquels on trouve des pins implantés en façade ou sur des terras­ses. Les jardinières sont arrosées avec de la micro-irrigation goutte-à-goutte Unitechline anti-siphon de Netafim. Idem pour les grandes jardinières qui se trouvent sur les toitures. Dans les jardinières, des goutteurs supplémentaires Techflow (4 ou 5 par jardinière) sont implantés sur le goutte-à-goutte. Les débits sont variables et permettent des ajustements suivant les types de végétations et les expositions. Ils permettront également par la suite des ajustements suivant la croissance des végétaux.

L’installation est équipée 30 électrovannes pour la totalité des bâtiments et de 15 électrovannes pour l’arrosage du Rez de jardin. La société CGME s’est occupée des travaux d’arrosage.

Arrosage des abords (arrosage ville). L’arrosage des abords est spécifique pour la ville et alimenté par le réseau d’eau brute de la ville.

Un réseau de distribution spécifique permet d’alimen­ter la totalité des abords (Sud, Nord, Est). Le bran­chement DN50 et 15 vannes électriques permettent de gérer les réseaux secondaires. L’ensemble est arrosé en goutte-à-goutte subirrigation Unitechline de Netafim.

Programmation. Le projet compte deux program­mateurs à décodeurs Hunter (ACC2) :

• un pour la copropriété, implanté dans le local technique au sous-sol -2 ;

• un pour la ville, implanté dans une armoire au  Rez de jardin.

Entretien. L’installation d’arrosage des abords sera gérée par la ville, et l’installation d’arrosage de la copropriété, par une entreprise individuelle privée.

Selon Jean-Frédéric Gay, « Dans 3 ans, on aura une couverture et dans 5 ans, le projet aura atteint son point d’apogée ».

 

Conclusion

Végétaliser la ville permet de réduire un phénomène dont souffrent tous les citadins, l’îlot de chaleur urbain. L’objectif est aussi d’offrir aux habitants des expériences sensorielles de couleur, de nature et de texture en ville, et de développer la biodiversité. Le parc abrite des chauves-souris, des hirondelles et des lézards. Des nichoirs ont été réintégrés. Les plantes ont aussi été choisies pour leurs couleurs, qui attirent des insectes et des papillons.