Retourner à la liste

Un consortium de producteurs de bananes a démarré ses activités au Ghana avec une zone pilote pour évaluer le développement des plantations dans cette région. Après la deuxième récolte, l‘incidence et la qualité des systèmes goutte-à-goutte ont commencé à décliner vers des niveaux très bas.

 

En 2018, cela faisait environ quatre ans que nous dépensions chaque année des milliers de dollars dans des importations coûteuses d’engrais et de produits chimiques de dessalement. Dans de telles circonstances, les investisseurs ont réalisé qu'il était temps de faire appel à Leonel Castillo, un expert de la banane, avec de nombreuses années d'expérience en Amérique Centrale et dans le monde, pour évaluer le projet et déterminer les causes de la faible productivité.

 

Résultats de l'évaluation

La conception des apports en eau par le système d'irrigation goutte-à-goutte ne permettait pas de satisfaire les besoins en eau d’une plantation de bananes dans les conditions climatiques locales. Le système d'irrigation goutte-à-goutte avait été conçu pour fournir 3,2 mm/h avec un fonctionnement maximal de 2 heures par jour tous les 3 à 4 jours. De plus, ce système ne convenait pas aux sols principalement sableux de la ferme. Le mouvement latéral de l'eau sur les sols sableux est presque inexistant. Ceci a conduit à des niveaux de production médiocres et économiquement inacceptables.

Les relevés de précipitations et d'évaporation à la ferme montrent une saison sèche prolongée de 8 à 9 mois où une irrigation totale ou complémentaire est nécessaire. Pendant la saison sèche, le taux d'évaporation quotidien est généralement de 4 à 7 mm, avec quatre à cinq pics allant jusqu'à 9 mm en avril et mai. Ces conditions sont corrélées à une très faible humidité relative (HR).

De plus, on a constaté que l’humidification du sol le long des lignes de goutteurs ne dépassait pas 30 cm de large, jusqu'à ce que l'humidité atteigne une couche d'argile limoneuse située dans le sous-sol à des profondeurs variant entre 50 et 100 cm.

Comme l’irrigation se faisait avec des intervalles de 3 à 4 jours (auxquels se rajoutaient les temps d'arrêt dus aux réparations et aux pannes de courant aux stations de pompage), le développement de la zone humide atteignait rarement le sous-sol argileux. Cela laissait une très large bande sèche entre les rampes de goutteurs espacées de 2,5 m. Dans cette zone l'eau apportée n'atteignait pas le système racinaire ni les 10 à 15 cm de couche arable entre les goutteurs, sauf pendant la saison des pluies (3 à 4 mois).

La plantation a commencé à souffrir d’un stress hydrique car le taux d'humidité du sol au niveau des racines n'était pas suffisant pour alimenter l’ensemble du système racinaire des plantes, en particulier les racines adventives. De plus, ce stress hydrique a conduit à la déformation des repousses dans leurs premiers stades de croissance et à des régimes sous-développés avec peu de mains de bananes. D’une façon générale, le faible niveau d'humidité n'a pas permis de créer un microclimat favorable au bon développement de la culture.

Enfin, on a remarqué une certaine salinité le long des rampes de goutteurs due à une évaporation de l’humidité entre deux cycles d’arrosage.

 

Essai avec des asperseurs basse pression

Un essai a été réalisé pour tester des asperseurs basse pression pendant la saison sèche, qui a commencé en novembre 2019.

L'installation d'origine comportait deux rampes de goutteurs pour chaque ligne de bananiers fonctionnant à une pression de 20 PSI. Les tuyaux goutte-à-goutte ont été remplacés par des arroseurs Senninger Xcel-Wobbler qui fournissent le même débit et fonctionnent à la même pression que le système goutte-à-goutte.

Les arroseurs ont donné une pluviométrie de 3,2 mm/h. De plus, ils couvraient toute la superficie irriguée avec une uniformité de distribution supérieure à 85 %. Ils ont été installés avec une densité d’asperseurs de 70 à 90 unités par hectare.

L'équipe de Senninger a également soutenu les produc­teurs avec un programme qui calcule la meilleure pluviométrie et l'uniformité pour divers modèles d'arroseurs. Cela a permis de déterminer les meilleures options en fonction des paramètres d'installation et des besoins des cultures.

Pour l'essai, le programme d'irrigation a été fixé à un fonctionnement de 2 heures par jour tous les jours, contre 2 heures par jour tous les 3 à 4 jours pour le reste de la ferme avec le système goutte-à-goutte. Chacune des installations apporte respectivement environ 48 mm et 12,8 mm par semaine.

 

Résultats six mois après le début de la saison sèche

Les trois paramètres essentiels mesurables étaient le nombre de feuilles sur la plante mère, la hauteur du rejet principal et la classification des mains du régime.

Les résultats comparatifs de l'irrigation par aspersion utilisant les micro-asperseurs par rapport au système goutte à goutte étaient les suivants :

• augmentation du nombre de feuilles sur la plante mère

• augmentation de la taille du rejet.

• plus de mains par régimes

 

En conclusion

L'irrigation par micro-aspersionr donne une augmentation de la production de bananes de 35%. Cela a permis aux rejets (les plantes qui poussent avec les plantes qui contiennent des grappes) de disposer d'un temps plus court pour produire la grappe suivante. De plus, on constate la production de régimes plus vigoureux avec un plus grand nombre de mains et de doigts et un poids plus important. Cette production est stable dans le temps, avec plus de cartons par grappe, ce qui est inhabituel à cette période de l'année.

 

Tous nos remerciements à Leone Castillo Flores, spécialiste de la banane et reconnu dans le monde entier.