La SCP au service de l’agriculture provençale

Avec l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes, la question de la ressource en eau devient un enjeu pour la région Provençale. Le Canal de Provence a pris le problème très au sérieux, en développant des partenariats avec des organismes spécialisés dans des cultures provençales clés et apporter ainsi des conseils personnalisés à de nombreux agriculteurs pour leurs pratiques culturales et pour le pilotage de leur irrigation, et les résultats sont là.

En raison du dérèglement climatique, deux phénomènes concomitants sont à observer en Provence : l’intensification des pluies en hiver et une augmentation des températures qui entrainent une diminution de l’enneigement. 

Nous observons par conséquent plus de débit en hiver avec des barrages bien remplis et moins d’apports en été liés à la fonte des neiges. 

Plusieurs solutions sont  mises en œuvre pour parer à ce déséquilibre : 

L’utilisation de ressources en eau alternatives comme la réutilisation des eaux usées traitées et les petites retenues collinaires.

L’agroécologie : qui passe d’abord par l’agriculture biologique, et qui repose également sur 3 principes clés : la diversification des cultures, l’utilisation de l’agroforesterie et la  préservation de sols vivants.

Le pilotage de l’irrigation, avec des capteurs dans le sol, des stations météos et des logiciels performants qui permettent de nous fournir à la plante le strict nécessaire de quantité d’eau.

 

Optimisation de la gestion de l’eau dans le domaine viticole avec Fruition science

La société du canal de Provence a développé un partenariat avec Fruition science, qui a développé la méthode 360 Viti pour aider les viticulteurs à faire face au dérèglement climatique. 

Cette méthode a consisté en premier lieu à découper le développement de la vigne en différente phase, car les besoins en eau de la vigne varient beaucoup d’une période à l’autre : 

  • Période 1 : repos hivernal.

  • Période 2 : débourrement, ou développement foliaire et floral. L’ impact du déficit en eau à ce moment du développement de la vigne est très important. 

  • Période 3 : Nouaison, ou croissance herbacée : impact peu important du déficit en eau durant cette phase.

  • Période 4 : Véraison ou maturation : lors de la  1ere phase de la maturation ou phase de croissance des baies, l’impact du déficit en eau est très important, l’exploitant a une logique de protection des baies par rapport au déficit hydrique. Ensuite, juste avant les vendanges, l’apport eau n’a plus aucune influence sur le développement des baies, ce qui importe alors est la qualité de l’air. 

  • Période 5 : Vendanges.

Grâce à des capteurs sol et plante couplés à une plateforme agronomique, ainsi que des données issues de modélisation climatique, les besoins en eau sont évalués en temps réel. La méthode 360viti de Fruition Sciences permet d’analyser ces données et d’ajuster les pratiques culturales, avec un objectif commun : renforcer la résilience des cultures face au changement climatique tout en préservant rendements et qualité.

Depuis 2020, 20 parcelles suivies dans toute la région provençale montrent qu’avec l’accompagnement SCP, la gestion de l’irrigation de la vigne s’améliore significativement : 

L’efficience d’utilisation de l’eau a augmenté de 50 % et les rendements sont stables (± 5 %). Presque moitié moins d’eau est utilisée entre le débourrement et la récolte. 

Les résultats mettent en évidence une optimisation significative et maîtrisée de la gestion de l’irrigation. L’accompagnement de la SCP permet d’atteindre une irrigation de précision, combinant une réduction des apports en eau, une stabilité de la production et amélioration marquée de l’efficience de l’eau.

 

France pistache : optimisation de l’irrigation pour la Filière pistache 

Le partenariat que la SCP a passé avec France pistache a pour objectif de mieux comprendre cette nouvelle culture qu’est la pistache et d’identifier ses besoins en eau. Le pistachier a des besoins en eau très faible, il ne mourra jamais à cause d’un déficit hydrique, mais un manque d’eau peut fortement impacter sa productivité. 

L’accompagnement de France Pistache, portant sur le suivi de 8 parcelles, a permis de construire progressivement des références techniques solides, afin d’accompagner les arboriculteurs, dès l’implantation, vers des pratiques d’irrigation optimisées.

Les parcelles ont été équipées de compteurs d’eau et trois d’entre elles ont été en plus équipées de tensiomètres, de dendromètres et de stations météo, en vue d’élaborer des bilans hydriques sur les réseaux de ces parcelles. 


Les résultats ont été les suivants : 

  • Pilotage de l’irrigation par tensiométrie pour éviter le stress hydrique.

  • Les remontées des données dendrométriques ont permis de donner des indications sur les niveaux de confort de la plante.

  • Ceci a permis d’éviter les irrigations trop importantes, pouvant être modérées. 

Cette dynamique a débouché sur la publication d’un mémento dédié à l’irrigation du pistachier, favorisant la diffusion de repères techniques adaptés afin d’atteindre l’excellence technique et organoleptique. L’objectif était de comprendre les besoins en eau du pistachier à différents stades de son développements. 

 

Gestion hydrique des parcelles d’oliviers avec France Olive

Comme le pistachier, l’olivier a peu de chance de mourir par manque d’eau. Cependant,  en situation de stress hydrique, l’olivier est capable de réguler sa transpiration ; plus précisément,  il bloque sa transpiration mais bloque également son développement et sa croissance. 

Les producteurs ont pris conscience de l’importance de l’irrigation, notamment à cause des sécheresses de ces dernières années. Ainsi, on est passé d’une culture pleurale à une culture dépendante de l’irrigation.

L’olivier a besoin d’eau, notamment entre le débourrement et le durcissement du noyau (floraison - nouaison). Ensuite, entre le durcissement et la lipogenèse, l’irrigation peut être stoppée, et il faut recommencer à irriguer au moment de la lipogenèse. 

En arboriculture, les travaux menés avec France Olive combinant différents capteurs sol et plante, ont permis de mieux comprendre le lien entre utilisation de l'eau et variabilité de production, mettant en lumière les limites des approches classiques basées uniquement sur le bilan hydriques ou les capteurs dans le sol.

Deux parcelles expérimentales sont suivies depuis 2020, avec des cartographies des sols permettant d'établir des profils de sols, et des dendromètres, capteurs mesurant la dilatation du rameau (si la courbe diminue, cela signifie que l'arbre est en stress hydrique). 

Les premiers résultats sont encourageants ; à rendement équivalent, des économies d'eau de l'ordre de 15 à 20 % ont été observées sur l'une des parcelles avec l'accompagnement de la SCP.

France Olive, qui est un  organisme bien structurée, publie le bulletin Eau’lives tous les quinze jours, pour accompagner les producteurs, avec : 

  • Des indicateurs climatiques.

  • Des préconisations d’irrigation.

  • Des recommandations pour la période.

 

La SCP anticipe les conséquences du réchauffement climatique et accompagne les agriculteurs provençaux dans la gestion de leur irrigation, la gestion des sols et leurs pratiques culturales pour faire face au défi qu’est le réchauffement climatique !