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Cela fait maintenant 3 ans que SIREV travaille sur des outils de gestion de l’eau. En effet, la technologie de l’arrosage a fortement progressé et il devient de plus en plus difficile, pour les sites qui sont déjà équipés en matériel et en gestion centralisée performants, d’améliorer leur utilisation de l’eau avec le seul matériel. Par ailleurs, le problème de la ressource en eau devient critique année après année, et il devient impératif que tous les gestionnaires d’espaces verts puissent disposer d’informations précise sur leur consommation et leur utilisation réelle de l’eau d’arrosage.

 

Enormément d’installations d’arrosage sont bien gérées d’un point de vue technique (gestion de la programmation, maintenance du matériel), mais les gestionnaires et les responsables naviguent « à vue » en ce qui concerne leur consommation d’eau et la mesure de l’efficacité de leur arrosage. Il est courant que les fuites, ou les consommations d’eau excessives ne soient décelées que lorsque la facture arrive en fin de saison.

En outre, dans les installations qui comportent beaucoup de sources d’eau (c’est le cas d’une ville avec des terrains de sports, des espaces-verts etc., mais aussi d’un golf avec plusieurs forages, plusieurs stations de pompage d’arrosage, ou des bassins de stockage), le fait de relever les compteurs, la pluie, la météo, la température etc. au quotidien est un travail fastidieux, et qui consomme du temps (et souvent du carburant).

Enfin, il existe aussi beaucoup d’installation technologi­quement modestes, avec un pilotage de l’arrosage relativement simple, et dont les outils informatiques ne permettent pas d’avoir des informations de suivi sur la consommation d’eau par exemple, et qui cherchent à avoir plus d’informations sur leur usage de l’eau.

SIREV a cherché à développer un outil facile à installer et à lire, qui soit capable de superviser le cycle de l’eau dans des installations d’arrosage. C’est-à-dire de relever des informations, de faire le travail d’analyse, et de rendre à l’utilisateur le résultat de son interprétation, ou en tout cas de synthétiser tous ces relevés.

Dans la chaîne, voici ce qu’il est possible d’analyser (transcrit sous forme de courbes, de graphes ou de valeurs) :

• le volume d’eau prélevé dans les forages, les rivières, l’eau de ville ou l’eau d’un réseau agricole, avec des valeurs quotidiennes mais aussi mensuelles et un comparatif annuel .

• le volume d’eau stocké dans les bassins de rétention, disponible pour l’arrosage, et la valeur de cette réserve au quotidien.

• Le volume d’eau prélevé pour l’arrosage, heure par heure, au quotidien, avec comparatif hebdomadaire, mensuel etc. 

• L’apport de la pluie avec précision (0,25mm) et l’intensité de cette pluie.

• La mesure précise de l’humidité du sol. C’est un des points les plus sensibles, car l’analyse de l’humidité permet de visualiser très rapidement l’efficacité de l’arrosage, « où va » l’eau consommée pour l’arrosage en quelque sorte. Le retour de ces sondes est très rapide, de l’ordre de quelques minutes. Il s’agit de sondes dont la technologie est dédiée à l’usage qui est demandé : soit pour les gazons de sols sportifs, soit pour les arbres, soit pour les espaces verts, par exemple. Pour les sondes dédiées à l’analyse des sols sportifs, on utilise plusieurs sondes à différentes profondeurs, selon l’enracinement de la plante. On peut aller jusqu’à 4 profondeurs pour les sols sableux par exemple.

• La mesure de la température à la base de la plante. Cette valeur précise (à 0,1° C près) donne à la fois une indication du climat, et aussi de l’impact de l’arrosage sur le refroidissement de la base de la plante (qui n’a rien à voir avec la température de la feuille, qui n’est impactée qu’à très court terme par l’arrosage). On déduit par exemple l’efficacité d’un cycle d’arrosage de fin de journée, destiné à refroidir la plante avant la nuit (Syringe), et cela permet de déterminer avec une mesure précise le volume nécessaire de cet apport.

• À cela s’ajoutent des mesures liées au climat : capteurs météo et calcul de l’ETP, même si cette dernière valeur n’est qu’indicative concernant l’arrosage de sols sportifs.

• Des capteurs liés à la croissance des arbres, la qualité de l’air, sont également compatibles.

Un tel système ne peut être efficace que s’il est modulable. C’est-à-dire que les informations relevées dépendent des équipements présents, de la volonté du gestionnaire de l’équiper, et sont ajoutables par la suite à tout moment. L’équipement peut donc se faire de manière ciblée et au fur et à mesure.

L’objectif est d’offrir une plateforme de supervision qui ne soit pas technique (par rapport aux pompes, à la programmation de l’arrosage etc), mais qui apporte un regard global sur la consommation et l’utilisation de l’eau.

Parmi les informations fournies par les analyses :

• efficacité de l’eau fournie par l’arrosage (l’eau se situe dans la zone racinaire, ne pénètre pas le sol, reste en surface, descend trop profond, etc.) ;

• opportunité d’arroser ou non (le sol est saturé, la capacité de rétention maximale est déjà atteinte, le stress hydrique n’est pas encore atteint, etc.) ;

• efficacité de la conduite d’arrosage (le fractionnement est-il efficace, l’heure d’arrosage est-elle la bonne, etc.) ;

• température de l’eau d’arrosage et de la partie racinaire (diagnostic à relier à l’état sanitaire du gazon et la présence de maladies) ;

• corrélation entre la dose d’arrosage et la pluie (efficacité de la pluie). En effet, les pluies faibles ou bien les orages apportent en réalité très peu d’eau en profondeur. Il est même parfois nécessaire d’aider cette eau de pluie à descendre dans la zone racinaire par un léger apport d’eau complémentaire par l’arrosage automatique. Ceci ne peut se faire qu’en connaissance de cause, donc en lisant le retour des capteurs ;                                                                                                                                                                                

• volume d’eau consommé durant l’arrosage, ou la journée, statistiques de consommation ;

• volume d’eau disponible dans les réserves, volume déjà prélevé, coût estimé de l’arrosage depuis le début de saison

• etc.

 

Exemple de la ville de la Rochelle

Parmi les sites équipés de ces capteurs, nous avons un retour très positif de la part des services de la ville de La Rochelle, dont les services sont sensibles à la bonne gestion de l’eau, et très impliqués dans le suivi de l’arrosage.

Des sondes d’humidité dédiées aux sols sportifs ont été installées cet hiver, à deux profondeurs (- 10 et - 20 cm), ainsi qu’une sonde de température à - 5 cm, sur le stade François Le Parco.

L’installation est invisible. Les sondes remontent les informations toutes les 15 minutes.

La lecture régulière des données a permis aux responsables des terrains de :

• savoir exactement quand le sol était saturé d’eau, et donc d’ajuster la dose d’arrosage quotidienne.

• Réduire les quantités d’eau, tout en s’assurant que la réserve en eau du sol profond (-20 cm) était encore suffisante. Cela a conduit à assécher davantage le sol en surface (bénéfique pour la prévention des maladies), tout en maintenant de l’eau plus profond. La qualité du terrain a été jugée au moins aussi bonne que les années passées, avec une réduction importante de l’eau consommée par l’arrosage.

• Faire descendre l’enracinement du gazon, en forçant la plante, par des périodes sans arrosage mais maîtrisées, à puiser dans l’eau présente à - 20 cm. L’enracinement sur le stade est ainsi passé de 8 cm environ à 15 cm.

• Pouvoir couper l’arrosage en connaissance de cause durant plusieurs jours, parfois 2 semaines, notamment fin août lorsque les températures la nuit étaient plus fraîches. Le fait de savoir avec certitude l’eau contenue dans le sol permet de maîtriser cet arrêt de l’arrosage.

• Utiliser cette installation comme un étalon pour piloter l’arrosage des autres stades. Il n’est donc pas nécessaire de disposer de centaines de sondes, le positionnement de capteurs dans des zones témoins est pertinente.

Au-delà de la seule lecture des sondes et leur apport quant à la gestion quotidienne de l’arrosage, cette installation pourrait être complétée par l’ajout successif de capteurs de pluie reliés sur cette même plateforme. Il n’est pas nécessaire d’équiper chaque terrain d’un pluviomètre, quelques capteurs judicieusement répartis dans la ville permettent de mailler l’espace. On peut, sur la plateforme internet, très facilement relier l’affichage des données d’humidité avec celles venant d’un pluviomètre qui n’est pas sur le même site.

Également, le relevé automatique permettrait d’appor­ter des éléments de surveillance et de supervision globale à ces installations.

 

En conclusion, on est ainsi en mesure d’offrir aux collectivités, aux golfs, aux responsables de sites sportifs, des outils d’analyse qui donnent la réponse aux questions qui se posent actuellement, à savoir :

• combien consomme-t-on d’eau ?

• Où va l’eau qu’on utilise pour l’arrosage ?

• Est-ce que c’est efficace et bien géré ?