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Jardiner de manière écologique : La ville de Nice montre l’exemple

DE NOMBREUX AMÉNAGEMENTS RÉCENTS COMBINENT L’UTILISATION DE VÉGÉTAUX NE NÉCESSITANT PAS OU PEU D’ARROSAGE, AINSI QUE DES PAILLAGES MINÉRAUX. C’EST LE CAS NOTAMMENT DE ROCAILLES DANS LES JARDINS OU ENCORE D’ACCOMPAGNEMENTS DE VOIRIE

 

Et si, au lieu de poser la question « pourquoi jardiner bio ? », on se demandait : « pourquoi utiliser des produits chimiques dans son jardin ? ». Des engrais chimiques ? A quoi bon, puisque avec du compost, les plantes sont bien mieux nourries . Des pesticides ? Pourquoi faire, puisque, avec des plantes en bonne santé et quelques produits de traitement non toxiques, on résout tous les problèmes de ravageurs et de maladies.

Jardiner bio, c’est jardiner sans produits chimiques. Finie la corvée des gants et de produits toxiques encombrant la cabane de jardin. Oubliées les précautions à prendre pour que les enfants ne soient pas dans vos jambes pendant que vous traitez, ou pour que le chat ou le chien ne risquent pas de s’intoxiquer. Plus besoin, non plus, de laver soigneusement les légumes du jardin de peur qu’il reste des traces de pesticides.

Bref, jardiner bio, c’est jardiner sans risque pour sa santé et pour l’environnement. C’est aussi cultiver des plantes saines et vigoureuses et récolter en abondance des légumes et des fruits savoureux et nutritifs. C’est enfin recréer dans son jardin un petit coin de nature, en y accueillant une grande variété de plantes et toutes sortes d’insectes ou d’autres animaux utiles.

 

La conception et l’aménagement d’un jardin sont l’occasion de choix importants

En premier lieu il s’agit de déterminer le type de sol qui le compose (argileux, limoneux, humifère, sableux, calcaire) ; cela permettra de choisir les plantes les mieux adaptées.

Les espèces locales sont en général plus résistantes.

L’exposition est à prendre en compte.

Gazon ou prairies fleuries, la seconde option permettra de réduire les tontes et les fleurs colorées attireront les papillons et autres butineurs.

Quant aux arbres, ils sont indispensables en joignant l’utile à l’agréable : refuge pour la faune et production fruitière.

Enfin cultiver son potager permettra de manger ses propres fruits et légumes, à condition bien sûr de bannir l’usage des produits chimiques.

 

Planter au bon endroit, au bon moment

Des plantes bien installées pousseront mieux, souf­friront moins d’une éventuelle sécheresse et nécessi­teront moins d’arrosage.

Même si la vente de végétaux en conteneur avec leur motte de culture permet de planter toute l’année, certaines périodes restent plus favorables à une bonne reprise. C’est le cas en particulier de l’automne pour les arbres et arbustes en racines nues.

L’idéal est de choisir une période de plantation permettant un enraci­nement rapide en période favora­ble, avant que la plante n’ait à affronter le stress lié au gel ou à la sécheresse. Demandez toujours conseil sur ce point, c’est essentiel !

 

Fertiliser le sol et les plantes

La croissance des plantes dé­pend, en grande partie, des conditions d’accès aux éléments nutritifs présents dans le sol. Ainsi, la plante doit trouver dans le sol les bons éléments nutritifs, mais aussi et surtout il faut que

ceux–ci soient disponibles.

 

Que mangent les plantes ?

Pour croître, se développer et fructifier, une plante a besoin d’eau, de lumière, d’éléments nu­tritifs : azote, phosphore, potas­sium et d’autres éléments com­plé­mentaires non moins indispen­sables. Tous ces élé­ments se trouvent naturellement dans le sol mais parfois en quantité insuffi­sante ou sous une forme non disponible pour la plante. C’est pour cette raison que la fertili­sation est importante, mais qu’il faut l’envisager sous le précepte suivant : entretenir et nourrir le sol, c’est nourrir les plantes.

 

Le travail de la terre

Une terre correctement prépa­rée favorise la circulation de l’eau et l’air dans le sol.

C’est une des conditions du suc­cès au jardin car le travail du sol :

• permet aux racines de respi­rer et de se déve­lopper cor­rec­tement en évitant une asphyxie des plantes,

• favorise le développement de la faune et de la flore utiles du sol,

• brise la croûte qui peut parfois se former à la surface du sol et qui empêche l’eau de s’infiltrer.

 

Les amendements

Les amendements servent à améliorer la composition du sol, c’est-à-dire son état physique, chimique et biologique. Appelé parfois à tort « engrais », l’amen­dement est généralement incorporé à la plantation et lors du travail annuel du sol. Il contribue à :

• corriger le pH,

• améliorer la structure du sol (alléger ou « donner du corps »),

• et, pour les amendements organiques, reconstituer les réserves en matière organique et en humus.

Néanmoins, dans la mesure du possible, adapter les plantations à son sol plutôt que le contraire ! Il serait vain de vouloir radicalement changer toutes les carac­téristiques du terrain !

Les engrais permettent d’apporter les éléments nutri­tifs nécessaires aux plantes et de reconstituer les réserves.

 

Protéger les plantes contre les ravageurs et les maladies

Attention aux pesticides ! On entend par pesticide dans le cadre du plan Ecophyto 2018, les produits phyto­pharmaceutiques également appelés phytosanitaires, relevant de l’article L253-1 du code rural.

 

Attention dangers !

Une part importante des pesticides appliqués ne tou­chent pas leur cible et se répandent dans l’environne­ment, c’est-à-dire dans l’air, l’eau, la terre et, in fine bien sûr, dans les organismes vivants et chez l’homme.

En éliminant certaines espèces, les pesticides appau­vrissent la faune et la flore. Ils tuent aveuglément les amis des jardiniers : crapauds, hérissons, coccinelles… faune très friande d’insectes ravageurs et autres limaces.

1 gr de pesticide suffit à polluer 10 000 m3 d’eau, soit la con­som­mation d’une famille de 4 personnes pendant 50 ans.

Le tout chimique n’est désormais plus la seule solution, ni la meilleure, aux problèmes divers que l’on peut rencontrer dans son jardin : économique, technique, sanitaire ou environnemental. De bons gestes doivent être appliqués régulièrement pour limiter l’occurrence et la gravité d’attaques de ravageurs ou de maladies.

 

Les traitements naturels

Il est conseillé de répandre du compost ou du fumier au pied des plantations en automne ou en hiver afin de cons­tituer une nourriture pour les plantes, apporter la matière organique nécessaire au développement des micro-organismes et augmenter la capacité à retenir l’eau.

 

Modérer l’arrosage

Pourquoi économiser l’eau ? Ne pas gaspiller l’eau est une évidence économique mais aussi écologique !

En France, on peut se féliciter que la quasi-totalité des habi­tants peuvent boire à leur soif. Mais les consé­quences du dérèglement climatique ne doivent pas être ignorées. Qua­si­ment chaque année en été, des arrêtés préfectoraux de restriction de l’usage de l’eau potable sont pris afin d’évi­ter des pannes sèches ! La bonne coexistence des sec­teurs con­sommateurs d’eau, telles que l’agriculture, l’in­dus­trie et les ménages, est menacée à long terme. Des efforts sont indispensables et le jardinier doit y participer aussi !

 

Les bons gestes pour économiser l’eau

• Pailler les pieds des arbustes et des massifs pour diminuer fortement l’évaporation.

• Arroser aux heures où l’eau s’évapore moins vite (avant 11 h et après 17 h).

• Adapter la fréquence et la durée des arrosages selon la météo et les espèces plantées.

• Installer un système d’arrosage en goutte-à-goutte au pied des plantes, couplé à un programmateur pour un arrosage en soirée ou la nuit.

• Couvrir le sol là où celui-ci est à nu pour éviter les pertes d’eau par évaporation. Attention : ne couvrir qu’un sol réchauffé et encore humide. Si le sol est sec, il faut biner.

• Récupérer des eaux de pluie.

 

Votre ville agit déjà

Des économies d’eau sont également réalisées dans les espaces verts municipaux.

De nombreux aménagements récents combinent l’utilisation de végétaux ne nécessitant pas ou peu d’arrosage, ainsi que des paillages minéraux. C’est le cas notamment de ro­cail­les dans les jardins ou encore d’accompagnements de voirie.

L’emploi de pelouses synthétiques, notamment dans les aires de jeux ou les lieux fortement ombragés où le gazon naturel a du mal à subsister, permet de supprimer tonte, arrosage, fertilisation et traitement.

Dix sites sont équipés en gestion technique centralisée pour l’arrosage, représentant 85 000 m² d’espaces verts. Ils sont munis de capteurs de taux d’humidité au niveau du sol et ne déclenchent l’aspersion que lorsque les besoins en eau se font sentir.

 

Valoriser les déchets verts

La thématique des déchets verts est importante. Pour les jardiniers confirmés, pas question de se passer d’une res­source si précieuse : la valorisation en com­post ou en mulch est une évidence ! Malheureu­sement, pour une majorité de particuliers, les déchets verts restent encore un problème.

 

Rappel de la réglementation sur le brûlage des déchets végétaux

D’une manière générale, leur incinération est interdite toute l’année sur l’ensemble du département, sauf dans certains cas dérogatoires :

• 1 > déchets issus du débroussaillement obligatoire : dans les zones situées à moins de 200 mètres d’un espace boisé ;

• 2 > résidus en gros volume de taille des oliviers, mimosas et arbres fruitiers ;

• 3 > autorisation expresse de monsieur le Préfet à deman­der auprès de la délégation territoriale de l’Agence régio­nale de santé des Alpes-Maritimes. Dans ces cas-là, l’inci­né­ration est autorisée unique­ment de 10 h à 15 h 30, pen­dant la période verte qui s’étend du 1er octobre au 30 juin.

Il est strictement interdit de faire du feu en période rouge, du 1er juillet au 30 septembre de chaque année.

Sur la commune de Nice, le brûlage des végétaux est également interdit les dimanches et jours fériés, ainsi qu’à moins de 200 mètres de toute habitation et à proximité immédiate des voies publiques et privées.

Des périodes mobiles d’interdiction peuvent être édic­tées par le préfet en fonction des conditions météoro­logiques et des niveaux de pollution.

Ainsi, cette réglementation stricte et qui peut entraîner des pénalités financières pour les contrevenants ne laisse que 2 solutions viables au jardinier responsable :

• apporter ses déchets verts dans l’une des déchetteries de la métropole Nice Côte d’Azur (c’est gratuit !),

• valoriser sur place ses déchets verts (meilleur à tout point de vue : économique, écologique, technique)

 

Le compostage

Faire son compost, c’est facile et utile !

Le compostage est une décomposition naturelle des matières organiques qui, au fil du temps, se produit grâce à un processus biologique faisant intervenir les micro-organismes présents dans le sol. Il s’agit du même procédé que celui qui s’opère dans les sous-bois. Le compostage est l’un des modes de valorisation des déchets organiques les plus intéressants d’un point de vue technique et écologique, en conformité avec la réglementation :

• il améliore la fertilité du jardin, des sols et des plantes,

• il permet de réduire le volume des déchets de plus de 30 %,

• c’est un geste en faveur de l’environnement car il limite les transports,

• il permet d’économiser de l’eau et des engrais.

 

Ce jardinage n’est ni le retour aux pratiques de nos aïeux, ni le rêve de quelques écologistes utopistes. C’est une réalité, héritière à la fois des bonnes pratiques du passé et des dernières découvertes de l’agronomie moderne.