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Après une semaine 12 et un début de semaine 13 catastrophiques, le marché de la fraise s’est amélioré en milieu de semaine dernière. Les producteurs espèrent un durable retour à l’équilibre.

 

 

 

« Après une semaine un peu folle, nous sommes plus confiants pour aborder la semaine 14 et imaginer un marché plus équilibré », indique Gilles Bertrandias, directeur de Rougeline. Pour la fraise, le confinement et la fermeture des écoles, restaurants et marchés sont tombés alors que les cultures précoces arrivaient en pleine production. Des dizaines de tonnes ont dû être détruites, données, vendues à l’industrie ou en direct, comme lors de l’opération « Fraisi-drive » de Rougeline à Agen.

L’appel aux distributeurs à remettre des fraises en rayon et à privilégier l’offre française a toutefois été entendu. Tout s’est joué entre le 25 et le 26 mars. L’arrêt des importations d’Espagne et l’engagement des enseignes ont permis de relancer les ventes. « Après un début de semaine catastrophique où nous envisagions d’arracher 20 % des cultures, les ventes sont reparties en fin de semaine », constate Jean-Jacques le Gall, administrateur fraise à Savéol.

S’ils sont remontés, les prix toutefois restent bas, avec une demande axée sur des produits de base, la catégorie 1 et les barquettes plastique 250 g ou 500 g, ces dernières pour remplacer l’offre espagnole. « Nous avons dû vendre des fraises extra en catégorie 1, à 4-4,50 €/kg au lieu de 8-9 €/kg normalement, indique Jean-Jacques Le Gall. Nous commençons à relancer l’extra, mais à 6-7 €/kg. »

Les innovations, segmentations, barquettes carton sont peu demandées. « L’enjeu est de remobiliser la filière sur l’offre variétale et la segmentation française et éviter de se focaliser sur le manque annoncé de fraises en barquette 500 g », estime Gilles Bertrandias.

La perte des marchés, qui peuvent représenter 30 % pour la fraise, pose aussi problème. Si les coopératives déjà engagées avec la GMS peuvent s’en sortir, la situation des indépendants est préoccupante. La vente en ligne, les drives, la livraison à domicile se développent fortement depuis le confinement, mais ne suffiront sans doute pas à compenser la perte des marchés.

S’y ajoute encore le manque de main-d’œuvre pour la récolte. En Bretagne, si les producteurs emploient surtout de la main-d’œuvre locale, la montée en puissance de la production pourrait être problématique, beaucoup d’étudiants étant rentrés chez leurs parents. Et dans le Sud, qui fait plus appel à la main-d’œuvre étrangère, la situation est tendue, même si les mesures pour amener des personnes au chômage partiel à aller vers l’agriculture commencent à donner quelques résultats.