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L’extension mondiale de l’épidémie de coronavirus au long des mois de février et mars a fait chuter les cours du maïs et les a rendus très volatils. Les cours boursiers mondiaux ont connu, dès la fin du mois de janvier, des difficultés liées à la progression de l’épidémie en Chine, l’un des poids lourds du commerce et de l’économie mondial. L’extension de l’épidémie au reste de la planète a accentué ce phénomène de volatilité et l’a propagé à tous les marchés malgré des réponses budgétaires et monétaires fortes de la part des économies les plus importantes.

Les matières premières agricoles, dont le maïs, n’y ont pas échappé. Ainsi, depuis la fin janvier, les cours du maïs à Chicago ont reculé de près de 13 % pour se situer à environ 135 $/t à la fin du mois de mars. La volatilité des cours est par ailleurs accentuée par les problèmes logistiques et les besoins des industriels. Ces derniers, quand ils ne sont pas à l’arrêt, cherchent à se couvrir dans un environnement incertain, en particulier en matière de livraisons. Le fret est perturbé en France et en Europe, notamment par camion, du fait du manque de personnels. Par ailleurs, en Amérique du Sud, alors que la campagne d’export débute en Argentine, la logistique portuaire connaît de nombreuses incertitudes.

Certaines communes cherchent à limiter flux logistiques et chargements, tandis que les travailleurs s’inquiètent du manque de protections sanitaires. Les fondamentaux sont, pour le moment, relativement éclipsés par cette crise D'’une ampleur inédite (un tiers de l’économie française à l’arrêt selon l’Insee !). Ils devraient cependant revenir sur le devant de la scène, le retard des semis au Brésil exposant les maïs à des évènements climatiques et les intentions de semis américains étant particulièrement attendues. Pour la campagne 2020/2021, ces fondamentaux s’annoncent lourds, une hausse des stocks des principaux exportateurs (Etats-Unis, Argentine, Brésil, Ukraine) est attendue du fait d’une nette augmentation des surfaces.

 

Le maïs, une matière première liée aux cours du pétrole.

L’un des principaux facteurs de volatilité des cours du maïs ces dernières semaines est l’effondrement des cours du pétrole, près de 40 % de la production américaine de maïs étant dédiée à la production d’éthanol. Or les cours de l’éthanol, étroitement liés à ceux du pétrole, ont reculé de près de moitié depuis la mi-février.

Le marché du pétrole fait face à un double choc d’offre et de demande. La demande en carburant diminue du fait du ralentissement économique et industriel global liée à l’épidémie et du fait du confinement d’une population nombreuse. Par ailleurs, l’offre de pétrole sur le marché mondial a connu une nette augmentation après des désaccords sur le niveau de production entre la Russie et l’Arabie Saoudite au sein de l’OPEP+ (OPEP et Russie). De ce fait, les cours du pétrole ont, en quelques semaines, perdu près de la moitié de leur valeur pour se retrouver à leur niveau du début des années 2000. Par conséquent les marges de l’industrie américaine de l’éthanol et ses débouchés à l’export se sont réduits, conduisant à une baisse de la production américaine. Celle-ci devrait continuer, de nombreux opérateurs faisant face à des marges négatives ayant annoncés une fermeture totale ou partielle de leurs capacités de production pour une durée indéterminée. Cette situation délicate devrait se poursuivre tant que l’épidémie n’est pas jugulée, notamment en Amérique du Nord, et que les pays pétroliers poursuivent leur guerre des prix.