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Au cœur du domaine forestier de Chantilly, le centre d’entraînement met à disposition de l’élite du galop 4 terrains d’entraînement répartis sur une superficie d’environ 2 000 ha, sur 120 ha de piste en gazon et 120 km de pistes en sable.

Par une belle matinée du mois d’octobre, nous nous sommes rendues au centre d’entraînement équestre de Chantilly, où nous avions rendez-vous avec M. Denis Lemarié, responsa­ble des prescriptions chez Rain Bird®. Deux mille huit cents chevaux s’entraînent tous les jours à Chantilly. Certains d’entre eux font partis des meilleurs chevaux de course d’Europe et vont courir dans le monde entier. Par exemple, la pouliche qui vient de remporter le Prix de l’Arc de Triomphe 2013 au début du mois d’octobre est entraînée ici.

M. Mathieu Vincent, directeur du site, nous accueille dans les bureaux de France Galop : « Chantilly, c’est près de 3 000 chevaux à l’entraînement tous les jours de l’année, 1 000 cavaliers, 110 entraîneurs. Le site, plus grand centre d’entraînement équestre au monde, implique un entretien minutieux assuré par de nombreux permanents et saisonniers ».

« Chantilly s’est développé car c’est le premier centre équestre à avoir installé l’irrigation », reprend M. David Paul, respon­sable de la maintenance du site. « La consommation d’eau totale du site était initialement d’environ 500 000 m3 par an, ce qui est considéra­ble. La nécessité de faire des économies d’eau et de faciliter la gestion de l’arrosage s’est progres­sivement fait ressentir ». Les responsables du site ont décidé il y a cinq ans d’équiper l’hip­po­drome, le terrain des Aigles, puis le terrain de Coye-la-Forêt de la gestion cen­tra­lisée, ce qui a permis au fur et à mesure de réduire la consommation à en­viron 400 000 m3 par an ; les travaux ont été réalisés par les entreprises SIREV et CCA PERROT. Et aujourd’hui, chose rarissime, on compte trois systèmes de gestion centralisée sur le même site (2 Site Control™ et 1 Stratus™ LT).

 

Le terrain des Aigles

M. David Paul nous accompagne sur le terrain des Aigles, où les chevaux s’entraînent tous les matins. Les Aigles compte 220 hectares de pistes, dont 70 ha de gazon, 33 km de pistes en sable, 4 km de pistes d’obstacles et une piste artificielle en sable fibré de 2 km.

Nous nous approchons de la grande piste circulaire en gazon, de 90 mètres de large. Au centre, une dizaine de chevaux se détendent avec leurs lads avant d’aller galoper sur les pistes en sable, un peu plus loin. Compagnons du cheval au quotidien, les lads montent les chevaux dont ils ont la responsabilité tous les matins. Un lad s’occupe généralement de quatre chevaux et un cheval sort environ 1 h 30 par jour, selon un programme établi par l’entraîneur. L’après-midi, les chevaux se reposent dans les écuries qui se trouvent autour des centres d’entraîne­ment. Les lads reviennent leur rendre visite le soir, pour les nourrir.

Un peu plus loin au milieu de la piste en gazon, nous apercevons des systèmes d’arrosage avec rampes sur chariot. Ces rampes, de fabrication artisanale et munies d’un canon tous les 25 mètres, se déplacent pour irriguer les pistes en gazon, de 60 et de 90 mètres de large.

En effet, ces pistes sont trop larges pour être irriguées avec des arroseurs traditionnels. « On les arrose au printemps et en été deux à trois fois par semaine pour maintenir le niveau de la réserve utile, voir un peu plus afin que le terrain soit bien souple et que les chevaux ne se blessent pas » explique David Paul. Généralement, l’herbe est tondue assez haut, entre 10 et 12 cm, ce qui permet au gazon de conserver l’humidité. M. Paul reprend : « La gestion centralisée ne pilote pas cette partie du terrain, on met encore en marche l’arrosage à la main ». Un peu plus loin, nous aperce­vons cinq ou six personnes en train de reboucher les trous après le passage des chevaux. La pelouse doit être impec­cable pour le prochain passage.

Nous nous dirigeons en­suite vers les pistes en sable, lignes droites de 2 000 mètres de long et de 30 mètres de large creu­sées à travers la forêt où les chevaux s’entraînent à galo­per. « Les chevaux s’entraînent tous les jours sur des pistes en sable. C’est seulement lors des derniers entraînements avant la course qu’ils vont sur les pistes en gazon », explique M. Paul. Un groupe de purs sangs au galop passent devant nous, le spectacle est magni­fique. Quelques minutes plus tard, un tracteur équipé d’une herse aplanit la piste pour la rendre praticable pour le prochain groupe de chevaux.

« 70 % de l’eau est utilisée pour arroser les pistes en sable »

Sur le terrain des Aigles, plus de 70 % de l’eau d’arrosage est utilisée pour irriguer les pistes en sable. Ces pistes où les chevaux s’entraînent quotidiennement doivent être arrosées tous les jours pour éviter qu’il y ait de la poussière.

Le long de la ligne droite de Gouvieux, nous apercevons des arroseurs à batteurs entourés de pneus pour éviter que les chevaux se blessent. Un arroseur est implanté tous les 18 mètres, ce qui fait à peu près 100 arroseurs au total pour l’arrosage d’une piste de 1 800 mètres de long. Les arroseurs sont pilotés par un système de gestion centralisée Rain Bird®.

« La gestion centralisée gère les temps d’arrosage ; l’arrosage ne mobilise plus qu’un employé qui surveille avec son véhicule qu’il n’y ait pas de fuite ou d’arroseurs bouchés », reprend M. Paul. « Au départ, les employés du site étaient un peu réti­cents à la gestion cen­tra­lisée, mais main­te­nant, ils ne revien­draient en arriè­re pour rien au monde ».

Nous continuons à avancer et arrivons à la ligne droite des réservoirs, piste en sable fibré aux caractéristiques un peu particulière. Mélange de sable, de caoutchouc et de polymère, le sable fibré permet de se passer totalement d’arrosage. De plus, ce type de terrain présente l’avantage d’être praticable quand il gèle. En effet, le produit est mélangé avec de l’huile, ce qui rend le sable imperméable. Chaque terrain est équipé d’une ou deux pistes comme celles-ci, qui nécessitent très peu d’entretien.

 

« Au bord de la piste des réservoirs, quatre gros réservoirs de 500 m3 permettent de stocker l’eau d’arrosage »

 

Au bord de la piste des réservoirs, quatre gros réservoirs de 500 m3 permettent de stocker l’eau d’arrosage. « Avant, on pompait dans la rivière mais on est passé en nappe» explique M. Paul. « Deux forages ont été creusés, ainsi que des canalisations en forêt pour capter et acheminer les eaux souterraines jusqu’aux réservoirs ». Les gestionnaires du site ont arrêté de pomper dans la rivière car le niveau baissait chaque année et les riverains ont commencé à se plaindre. Par ailleurs, les eaux de rivière chargées de limons bouchaient les canalisations.

Un peu plus loin encore, une piste en sable sans système d’arrosage n’est utilisée qu’en cas de pluie. « Ce qui fait la force du site de chantilly est d’avoir une très grande superficie et de terrains très variés, adaptés à tous types de temps », explique David Paul.

 

L’hippodrome

L’hippodrome de Chantilly accueille 42 réunions par an, dont deux grands événements qui font sa renommée : le Prix de Diane Hermès et le Prix du Jockey Club. Par ailleurs, le site est ouvert à l’entraînement une fois par semaine, tous les mardis.

Bordé par le château et les écuries Royales, le site abrite une piste en gazon et une piste en sable fibré. « La piste en gazon comporte des arroseurs à batteur Rain Bird® reliés au système de gestion centralisée Site Control™ » explique M. Lemarié. Entre juin et septembre, le terrain est arrosé deux à trois fois par semaine et 48 heures avant les courses pour que l’eau ait le temps de pénétrer dans le sol. La piste est sondée régulièrement avec un pénétromètre pour s’approcher le plus possible de la bonne quantité d’eau. Il est important que le terrain soit très humide. En effet, les chevaux sont de véritables athlètes de haut niveau, leurs membres sont fragiles et pour qu’ils ne se blessent pas, le terrain doit être le plus souple possible.

La gestion centralisée permet de gérer les temps d’arrosage et de faire des économies d’eau considérables avec en plus la satisfaction d’avoir un terrain parfaitement homogène ; en effet, avant, il arrivait de laisser fonctionner l’arrosage 25 minutes au lieu de 20 minutes, et d’avoir des disparités au niveau de la pelouse. En été, une équipe de 18 à 20 personnes gère l’arrosage du centre. Compte tenu des enjeux financiers conséquents, de l’exigence des entraîneurs, chaque détail a son importance ; un cheval de course peut valoir plusieurs millions d’euros.

L’hippodrome est actuellement arrosé avec l’eau de rivière de la Nonette, pompée dans les douves du château. Mais des travaux, d’un montant de 1,5 million d’euros, doivent démarrer très bientôt afin de puiser dans la nappe, comme pour le terrain des Aigles. Après avoir investi sur l’arrosage avec la gestion centralisée, les responsables du site investissent actuellement sur la ressource en eau.