Retourner à la liste

Le mois de juillet très sec a aggravé la sécheresse qui touche une grande partie de la France. Malgré les orages et les pluies qui les accompagnent, 75 départements sont en restrictions d’eau mercredi 12 août.

Après la canicule de ces derniers jours, des orages touchent une partie du pays. Parallèlement à la succession de ces phénomènes météorologiques, la France connaît depuis plusieurs semaines un épisode de sécheresse. Au 12 août, 75 départements connaissent des restrictions sur l’usage de l’eau. Suivant les situations, les arrêtés préfectoraux restreignent l’arrosage des jardins, interdisent de laver sa voiture, voire comme dans la Haute-Vienne, n’autorisent que les usages prioritaires, comme l’eau potable.

Dans son dernier bulletin de situation hydrologique, Météo France fait état d’une pluviométrie en juillet 2020 exceptionnellement faible, déficitaire de plus de 70 % en moyenne sur la France par rapport aux valeurs normales (moyenne de référence 1981-2010). De ce point de vue, le mois de juillet 2020 est le mois du juillet qui a connu le moins de précipitations depuis 1959.

La sécheresse se définit d’ordinaire comme un manque d’eau sur une période assez longue. Mais trois types de sécheresse sont définis par l’institut météorologique : la sécheresse météorologique, la sécheresse agricole et la sécheresse hydrologique.

Le manque d’eau peut être dû à un « déficit prolongé de précipitations » explique Météo France, lequel est alors appelé sécheresse météorologique. Cette dernière est mesurée par la pluviométrie et que l’on observe actuellement.

Des sols particulièrement secs

Mais pour mesurer l’impact social et économique des sécheresses, la pluviométrie ne suffit pas. Une sécheresse dite agricole touche la France et particulièrement le quart nord est. Elle se traduit par un manque d’eau accru dans les deux premiers mètres du sol et dépend de nombreux facteurs autres que la pluviométrie comme l’humidité des sols, le type de culture et la capacité des sols à retenir l’eau. Ce type de sécheresse empêche le développement des cultures et peut avoir de graves conséquences sur les activités agricoles.

 

Météo France note qu’en juillet la quasi-totalité du pays présente un déficit, c’est-à-dire une « anomalie de sol sec » à l’exception de la Bretagne et de quelques zones situées autour de la Méditerranée qui ont bénéficié récemment de précipitations abondantes lors d’importants orages. Une partie du nord de la France, notamment dans le Grand Est, la Bourgogne – Franche-Comté et les Hauts-de-France, se trouvent même à un niveau de sécheresse qui n’arrive en moyenne que tous les dix ans.

Les orages qui surviennent à l’issue de la canicule de cette dernière semaine peuvent ne pas suffire à humidifier les sols. S’il continue à faire chaud, l’eau s’évaporera rapidement. Ces fortes pluies pourront aussi ruisseler, les sols les absorberont mal.

75 départements en restriction d’eau

L’ampleur des sécheresses est aussi représentée par le nombre d’arrêtés imposant des restrictions d’eau. Ceux-ci tentent de faire face à la sécheresse en contrôlant l’usage agricole, industriel et domestique de l’eau puisque des prélèvements trop importants peuvent aggraver le phénomène.

 

Suivant le niveau d’alerte (vigilance, alerte, alerte renforcée et crise) les restrictions varient. Par exemple pour l’agriculture, au niveau « alerte », la réduction des niveaux de prélèvement à des fins agricoles peut aller jusqu’à trois jours par semaine et au niveau « crise » ces prélèvements sont interdits.

Une recharge des nappes phréatiques satisfaisante

Un dernier type de manque d’eau, selon Météo France, est la sécheresse hydrologique. Il correspond à un niveau des cours d’eau, bassins et nappes phréatiques particulièrement bas.

Une étude publiée le 6 août dans Scientific Reports craint que les épisodes de sécheresse comme ceux des étés 2018 et 2019 ne soient de plus en plus fréquents. L’impact combiné de ces deux années aura été supérieur à celui de la sécheresse de 2003.

Pour autant, dans un bilan daté du 10 août, Météo France note à propos de la sécheresse hydrologique que même s’il existe un caractère répétitif, la sécheresse actuelle est totalement différente de celle de 2019. L’année dernière, la sécheresse (météorologique) d’hiver avait été très marquée avec un remplissage des nappes phréatiques très insuffisant, puis le printemps avait également été très humide suivi d’un été caniculaire et d’une sécheresse des sols brutale. La période de « recharge des nappes » a ainsi été globalement plus favorable en 2020.

Autrement dit, les pluies tombées en automne et hiver 2019-2020 ont permis à la plupart des ressources souterraines en eau de se remplir. C’est le cas dans la partie sud et Sud-Ouest de la France qui dispose de nappes abondantes.