Retourner à la liste

Face à l’emballement du dérèglement climatique, le comité national des vins IGP ouvre le débat sur la réglementation de l’irrigation pour pérenniser sa production face aux épisodes de sécheresse toujours plus fréquent.

Accentuant les évènements météorologiques extrêmes (de la concentration de la pluviométrie à la répétition des sécheresses), le changement climatique ne laisse plus de marge de manœuvre aux vignobles à Indication Géographique Protégée (IGP). « Le moment est venu de faire le point sur le volet d’interdiction de l’irrigation de la vigne, sur le maintien de l’interdiction d’irriguer du 15 août à la récolte, sur les évolutions de la réglementation… » énumère Éric Paul, le président du comité national des vins IGP de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO).

Réunis ce 24 juin, les représentants des IGP auront dédié l’essentiel de leur comité national à la gestion de l’irrigation dans le vignoble, à commencer par la validation d’un groupe de travail commun avec les vins d’appellation (pour des propositions qui pourront être distinctes selon les segments). « On sent bien que la profession attend des évolutions réglementaires rapides, le changement climatique va plus vite nous, malheureusement » explique Éric Paul. Mais « attention, que les choses soient claires. L’idée des IGP n’est pas d’ouvrir les vannes et d’utiliser énormément d’eau » précise le viticulteur varois.

 

"Irrigation raisonnée"

 

« Nous avons à disposition des moyens permettant d’avoir une irrigation raisonnée quantitativement et qualitativement (comme les capteurs de flux de sève grâce à la connexion des vignobles) » explique Éric Paul, qui plaide pour une étude élargie des moyens d’irrigation, sans se limiter au seul goutte-à-goutte (comme « la brumisation, pour garder le feuillage humide et pondérer les atmosphères sèches et chaudes qui accentuent l’évapotranspiration »).

Le groupe de travail AOP/IGP doit commencer à se réunir cet été, pour aboutir à des propositions cette fin d’année, qui seraient transmises au gouvernement dans le cadre du Varenne agricole de l’eau et du changement climatique. Sans présumer des conclusions du groupe de travail, « nous espérons être écoutés » glisse Éric Paul, pour qui « l’enjeu premier, c’est la survie de nos vignobles. Le deuxième, c’est la qualité de nos produits. Un excès de stress hydrique n’est pas une bonne chose. Aujourd’hui, le changement climatique ne permet plus de maîtriser le stress hydrique. On ne pourra pas se passer d’eau. »

Retenues collinaires

Un constat qui pose la question de l’accès à l’eau. Si les circuits primaires d’irrigation se développent actuellement, notamment en Provence, la filière vin plaide pour le développement des retenues collinaires. Après des semaines particulièrement pluvieuses ce printemps 2021, « on regarde passer l’eau, qui repart à la mer. On pourrait la stocker pour la réutiliser » esquisse Éric Paul.