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La France a subi en ce moment une vague de froid particulièrement intense pour un mois d'avril. Dans les domaines agricoles de l'Hexagone, on s'inquiète d'épisodes de gel importants, alors que des températures négatives ont été enregistrées un peu partout dans le pays. 

De la Charente aux Pyrénées-Atlantiques, le sud-ouest agricole de la France apparaissait ce dimanche 3 avril au matin particulièrement touché par les dégâts dus au gel sur les jeunes pousses, mais tout le secteur agricole craignait encore deux nuits "difficiles" à venir en France. "L'épisode de gel dans la nuit de samedi à dimanche a particulièrement touché la vallée de la Garonne, les Charentes, la Dordogne, jusqu'aux Pyrénées-Atlantiques avec des températures qui sont descendues à -2 et -3 degrés", a signalé Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA.

Dans le Tarn-et-Garonne, Pierre Bonnet, arboriculteur du nord du département a passé une nuit blanche ce samedi avec des températures descendues à -4 degrés sur ses terres. "La différence avec l'an dernier est que cette température est la même dans les bas-fonds des champs que sur les coteaux" dit-il, craignant pour les variétés précoces de prunes. Dans le même département, Béatrice Lamanerie, arboricultrice à Lizac, a lancé à minuit l'aspersion sur ses arbres, une technique "basée sur l'arrosage": Les fruits y gagnent une enveloppe de glace qui les protège.

Dans cette région du Sud-Ouest, les arbres fruitiers à noyaux mais aussi les pommiers dont la végétation venait de commencer à sortir ont été touchés, de même que, dans les vignes, les cépages les plus précoces dans la région "comme le chardonnay, le cabernet ou le merlot", a précisé Jérôme Despey. Certaines stations de Météo-France dans l'Ouest et le Sud "ont battu leur record de froid pour avril", indique l'organisme de météorologie dans un tweet dimanche matin, avec des gelées parfois marquées.

Les agriculteurs en alerte 

Dimanche en milieu de matinée, il n'y avait plus aucun département en vigilance orange "neige-verglas", après que Météo-France a levé son alerte pour les trois derniers départements encore concernés (Haute-Loire, Puy-de-Dôme et Loire). "Les dégâts n'ont pas été tous recensés encore", a souligné Jérôme Despey, qui est lui-même viticulteur dans l'Hérault.

Et "nous craignons le pire pour les cultures, y compris plus au sud lorsque le vent sera tombé, au cours des deux nuits à venir, celle de dimanche à lundi et celle de lundi à mardi", a-t-il ajouté.

Dans les régions viticoles du centre-est du pays comme le Chablis, très touché par les gels printaniers l'an dernier, les moyens traditionnels de lutte contre le gel ont été activés comme les tours anti-gel, le brassage du vent et l'aspersion des vignes, pour "essayer d'éviter des drames tels qu'on a déjà connu l'an dernier", a-t-il détaillé.

En 2021, un printemps précoce causant le début de bourgeonnement de la végétation (le "débourrement" dans les vignes) avait été suivi d'un épisode de gel du 3 au 10 avril, causant de nombreux dégâts dans les vignes notamment. Une enveloppe exceptionnelle d'un milliard d'euros avait été mise à disposition par le gouvernement, notamment pour les arboriculteurs et viticulteurs qui avaient perdu tout ou partie de leur récolte de l'année, ainsi que pour certains céréaliers.