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Dans la banlieue de Barcelone, le Parc Fluvial del Besòs s’étend sur 9 kilomètres de part et d’autre de la rivière del Besòs jusqu’à la mer. Couvrant au total 115 hectares, c’est  l’un des plus grands espaces verts de la métropole  de Barcelone, géré par un consortium urbain regroupant quatre communes. Sur les lieux, nous ous  avons rencontré M. Père Miret Casanovas de la société Urbaser, chargée de l’entretien du Parc. 

Le parc est divisé en trois zones : au début de la rivière, une station d’épuration permet de traiter l’eau, ensuite 5 kilomètres de pelouses et de piste cyclable sont ouvertes au public, et enfin, près de la mer, une réserve naturelle  abrite oiseaux et reptiles.

Dans la partie ouverte au public, deux  belles bandes pelouses verdoyantes s’étendent de part et d’autres de la rivière. Elles sont arrosées avec l’eau pompée dans la rivière del Besòs.  La rivière, qui prend sa source à 70 kilomètres de là,  est alimentée par des sources naturelles non potables, l’eau de pluie et les  eaux usées de la ville de Barcelone. Autrefois, les usines de la ville rejetaient directement leur eau dans la rivière, mais aujourd’hui, les eaux de la ville sont traitées  avant d’être rejetées  dans le fleuve.  Au nord du Parc fluvial del Besòs, des marécages s’étirent entre la confluence des rivières Ripoll et Besòs, la municipalité de Montcada i Reixac, et l’espace public plus au Sud. Cet espace de 3.8 kilomètres de long n’est pas accessible au public. Y sont plantés des roseaux qui  réalisent le traitement tertiaire de 30 % des effluents qui sortent de l’usine de traitement des eaux usées de Montcada i Reixac, et améliorent encore la qualité de l’eau du fleuve.

 

L’ensemble de l’installation d’arrosage a été rénovée, avec la mise en place de la gestion centralisée et le remplacement des arroseurs.

 

Nous nous rendons dans la partie ouverte au public  en 4 X 4. M. Miret nous explique le choix de ce véhicule : « Le fait d’être en hauteur permet de mieux surveiller le  parc». 

Arrivé sur les lieux, M. Miret demande à l’un des employés de son équipe  de mettre en marche l’arrosage avec sa télécommande.  Chaque télécommande permet de gérer une station, soit 20 arroseurs au total.

Il y a quatre ans, l’ensemble de  l’installation d’arrosage a été rénovée, avec notamment la mise en place d’un système de gestion centralisée et le remplacement des arroseurs. « Aujourd’hui,  80 % des arroseurs  sont des medium size rotors 16-18 mètres  de Hunter, le reste étant des arroseurs Toro ou Regaber» explique M. Miret.  Les arroseurs sont violets, couleur obligatoire lorsque l’on irrigue  avec une eau non potable.  L’installation compte au total 1200 arroseurs et 244 vannes.

Une équipe de 6 à 8 personnes employés par la société Urbaser est chargée du nettoyage, de l’irrigation et de la sécurité. Les pelouses doivent être  arrosées entre  6 heures et  10 heures le matin, car ensuite, les promeneurs arrivent. C’est entre Juin et septembre que les besoins en eau sont le plus important. Durant cette période, le  débit est de 1600 m3, niveau élevé à cause de la salinité et du manganèse contenus dans l’eau. En effet, l’eau est  de qualité médiocre, ce qui oblige à irriguer davantage. Autre tâche des employés d’entretien : faire évacuer les lieux lorsque les berges sont inondées. En effet, régulièrement, le débit de la rivière est trop important et elle sort de son lit. Les pelouses sont alors inondées. M. Miret et son équipe doivent prévenir  les promeneurs et leur demander  de quitter les lieux. Ils sont aidés par le  Besos Hydrological Warning System  (SAHBE),  un système de surveillance qui analyse constamment les données météorologiques et hydrologiques et prévient les  autorités et les utilisateurs lorsqu’il y a des risques d’inondations. Ainsi, le plan d’urgence peut être activé suffisamment à l’avance. Heureusement, les inondations ne durent que quelques heures et  n’abîment pas les  pelouses.

 

Une stations météo contrôle la température, le vent et la pluie

 

Nous remontons ensuite dans le 4 x 4 et traversons la rivière en empruntant le pont. La rive gauche est assez large pour accueillir une bande de  pelouse et  une piste cyclable. M. Miret reprend : « De ce côté de la rivière, nous allons bientôt  planter des fleurs entre la pelouse et les bambous qui longent le fleuve. Elles seront irriguées avec les arroseurs déjà en place. Ceci devrait ajouter une touche fleurie à l’ensemble. »

Un peu plus loin, le long de la piste cyclable, nous apercevons la station météo qui, explique  M. Miret   « contrôle la température (le système s’arrête lorsque la température approche de zéro), le vent (le système s’arrête lorsque le vent dépasse les 30 km/h) et la pluie (le système s’arrête lorsqu’il pleut) ». La station météo est reliée au système de gestion centralisée qui se trouve dans les locaux d’Urbaser.

A proximité de la station météo, nous entrons dans un local enterré où  se trouve le système de filtration Azud, la station de  pompage Grundfos et un appareil anti-UV permettant de prévenir la légionellose. La légionellose est une maladie infectieuse due à des bactéries dont la plus connue est Legionellapneumophila, qui se développent  dans les réseaux d'eau douce naturels ou artificiels ou dans un milieu organique  riche en fer, zinc, aluminium favorable à leur développement. Tous les deux mois, l’eau est analysée par l’équipe et deux fois par an, il faut  injecter du chlore dans les tuyaux à titre préventif.

En   direction de la mer, nous apercevons  les  450 derniers mètres de la rivière del Besòs avant qu’elle ne se jette dans la mer Méditerranée. Cette zone, la dernière à avoir été réhabilitée, n’est pas accessible au public à cause de sa petite taille (7 hectares) et de sa grande  valeur biologique et naturelle. Elle abrite des oiseaux migrateurs, des reptiles, un lagon et une grande variété de  plantes.

 

Dans les bureaux d’Urbaser, le système de  gestion centralisée

 

Les bureaux d’Urbaser se trouvent à 400 mètres du site. Cette proximité géographique est indispendable car M. Miret  et son équipe  doivent pouvoir intervenir rapidement. Le système de gestion centralisée Samcla se trouve dans ces bureaux. M. Miret nous explique rapidement comment fonctionne la gestion centralisée : « Ce sont les vannes que l’on voit à  l’écran, et chaque vanne contrôle une zone. Si je veux arrêter l’arrosage pour tondre par exemple, je dois agir vanne par vanne, et cela prend du temps. Le défaut de ce système est qu’il est trop individuallisé » explique M. Miret. Il reprend : « Le système fonctionne avec une radio, ce qui a résolu les problèmes de vol, de perte, mais parfois, c’est  lourd à gérer ».

Il nous montre ensuite le graphique de la consommation d’eau quotidienne. Le système compte seulement deux capteurs de débit (flow meters) , un pour la captation de l’eau et un pour le contrôle de l’eau.  « Si quelqu’un vole un arroseur, on ne le voit pas tout de suite. Pour cela, il faudrait avoir davantage de  contrôles de débit dans le système ».  reprend M. Miret.  En revanche, toutes les deux semaines, M. Miret applique un programme, qui  permet de voir si un arroseur a été volé ou cassé à cause de la tondeuse.

 

Le Parc fluvial del Besos de Barcelone est un  bon exemple d’utilisation des eaux usées traitées pour l’arrosage des parcs et  jardins. Et même si l’installation n’est pas idéale et si le système de  gestion centralisée pourrait encore être amélioré, cette installation est un exemple à suivre pour la préservation de l’environnement.