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L’amande : une culture intéressante pour la zone méditerranéenne

Le fruit en croissance (c’est une drupe) ressemble à une pêche jusqu’à sa maturité.

L'amandier est une culture typiquement méditerranéenne, capable de s’adapter à des conditions très différentes. Ainsi, il peut supporter des températures estivales élevées et des températures extrêmes en hiver, survivre pendant de longues périodes de sécheresse, et être cultivé sur des sols très pauvres. Cependant les niveaux de production augmentent lorsque les conditions environnementales sont optimales.

 

Description botanique

Amandier (Prunus dulcis), est un arbre originaire d’Iran et des pays voisins d’Asie Centrale et dont les graines sont comestibles. Il appartient à la famille des Rosaceae (ordre Rosales). L’amandier, un arbre dont la culture est économiquement importante, est surtout implanté dans les zones de climat méditerranéen entre 28 ° et 48 ° de latitude nord et 20 ° et 40 ° de latitude sud. La Californie, la région la plus importante de production représente près de 80 % de l’offre mondiale. Les amandiers peuvent être divisés en deux types de variétés : l’amande douce (Prunus dulcis variété dulcis) et l’amande amère (P. dulcis variété amara). Les amandes douces sont consommées comme noix et utilisées dans la cuisine ou comme source d’huile d’amande ou de poudre d’amande. Les amandes amères fournissent l'huile d'amande amère utilisée dans la fabrication d'extraits aromatiques pour aliments et liqueurs. Les amandes peuvent être consommées crues, blanchies ou grillées.

Les amandiers sont des arbres à feuilles caduques et ont une dormance marquée. En règle générale, ils atteignent une hauteur de 3 à 4,5 mètres (10-15 pieds) environ. Lors de la floraison, des fleurs odorantes, roses pâles à blanches, à cinq pétales, apparaissent de la fin janvier au début avril dans l'hémisphère nord. Les fleurs sont auto-incompatibles, ce qui implique que les insectes pollinisateurs facilitent la pollinisation croisée avec d'autres cultivars.

Le fruit en croissance (c’est une drupe) ressemble à une pêche jusqu’à sa maturité. Quand il mûrit, l'enveloppe extérieure coriace, se déchire, se recroqueville et libère l’amande. En fait, les amandes ne sont pas de vraies noix (un type de fruit sec), mais plutôt des graines enfermées dans un enro­bage de fruits dur.

L'amande douce est culti­vée sur une vaste zone géogra­phique. Le point le plus important à considérer pour le suc­cès de la plantation est de ne pas avoir de gelées pendant la floraison.

Les amandes amères et les amandes douces ont une composition chimique similaire. Toutes les deux contiennent entre 35 et 55 % d’huile non volatile et de l’enzyme émulsine, qui produit du glucose en présence d’eau. Les amandes amères contiennent de l'amygdaline, présente à l'état de traces dans les amandes douces, et l'huile d'amande amère contient du benzaldéhyde et de l'acide prussique (hydrocyanique). Les amandes sont riches en protéines et en matières grasses et fournissent de petites quantités de fer, de calcium, de phosphore et de vitamines A, B et E. 

 

Irrigation

La culture des amandiers en Espagne a été réalisée dans de mauvaises conditions de pluies et d’environnement. Cependant, ces dernières années, la gestion des cultures est en train de changer avec le développement de zones irriguées. Grâce à ce changement, la productivité de la culture en Espagne est passée de 150 kg / ha d'amandes en culture traditionnelle à un maximum de 1 500 kg / ha. Dans d’autres régions, telles que la Californie ou l’Australie, la culture des amandiers a fait preuve d’un com­portement extraordinaire en conditions irriguées, atteignant des productions moyennes supérieures à 2 000 kg / ha d’amandes (avec des maxima allant jusqu’à 4 000 kg / ha) avec des apports en eau d’irrigation très élevés (plus de 10 000 m3 / ha et par an). En Espagne, ces apports d’eau ne sont pas possibles, mais cela ne signifie pas qu’il faille renoncer à l’irrigation de l’amandier. Avec des apports proches de 3 000 à 4 000 m3 / ha, la culture de l’amandier répond de façon très positive à l’irrigation, à condition d’apporter l’eau au bon moment et de manière optimale.

Le développement de stratégies d'irrigation avec un approvisionnement en eau inférieur à l'optimum est dû à la limitation des ressources en eau disponibles, provoquée par une augmentation des besoins en eau dans l'agriculture et à une diminution des précipitations attendues due aux effets du changement climatique. Il y a quelques temps, l'objectif ultime de l'irrigation était de maximiser le rendement des cultures. Mais actuellement, d'autres facteurs tels que la conservation des ressources, la maximisation des bénéfices ou le respect de l'environnement revêtent une importance majeure. Cela signifie que nous devons augmenter l'efficience de l'eau.

Bien que cela semble une tâche facile, l'irrigation ne l'est pas. C'est peut-être l'une des activités les plus complexes auxquelles un producteur doit faire face. En plus de connaître les caractéristiques de la culture et d’avoir une connaissance approfondie de la gestion des installations, l’irrigation exige une étude détaillée de la composante sol qui est difficile à intégrer en raison de sa grande variabilité spatiale et temporelle.

• Les différents systèmes d'irrigation.

Nous allons voir maintenant quelle méthode utiliser pour apporter cette eau à la plante.

Il existe trois méthodes d'irrigation :

- l’irrigation gravitaire,

- l’irrigation par aspersion,

- l’irrigation goutte-à-goutte.

 

L’irrigation gravitaire. Les systèmes gravitaires comprennent l’arrosage par sillons ou l’arrosage par planches. L’arrosage par planches avec bordures qui inondent la zone entre les rangées d'arbres est couramment utilisé pour les amandiers, mais l'irrigation peut être également réalisée à partir d'un certain nombre de sillons parallèles aux rangées d'arbres. Déterminer les quantités d’eau apportées et en particulier l'uniformité d'application avec les systèmes d'irrigation gravitaire est très difficile et est généralement effectué par un évaluateur de système d'irrigation professionnel. Un producteur peut déterminer la quantité d'eau apportée pendant un cycle d'irrigation, un élément important pour la gestion de l’eau. Pour un calcul correct il est nécessaire de connaître :

• la valeur du débit apporté au verger,

• la valeur de la surface irriguée,

• la durée de l’irrigation.

Dans le cas de l’irrigation gravitaire, l’efficience de l’eau est très faible c’est pourquoi, actuellement, dans un environnement de pénurie en eau, l’utilisation de ce mode d’arrosage diminue, bien qu’il reste très important dans les anciennes exploitations.

 

Irrigation par aspersion. L'utilisation des micro-asperseurs pour irriguer les plantations d'amandiers a considérablement augmenté ces dernières années, car les micro-asperseurs offrent de nombreux avantages :

- irrigation adaptée spécifiquement à la plantation ; le feuillage n’est pas mouillé, alors que dans un même temps, la zone humidifiée et les apports d’eau peuvent être adaptés de manière optimale au stade de croissance de l'arbre. L'augmentation du rayon de la zone humidifiée lors de la croissance de l'arbre est facile et rapide, car elle ne nécessite qu'un autre asperseur entre les arbres.

- Adaptation de la portée et de la surface humidifiée sous les arbres au développement du volume racinaire afin d'augmenter l'efficience de la consommation en eau et en engrais et d'aider au développement et à l’implantation de l'arbre dans le sol.

- Irrigation utilisant une large gamme de débits, y compris des débits très faibles (Aqua Smart 2002 - Jusqu'à 20 litres / heure ; 15 litres / heure pour la famille Jet).

- Irrigation à l'aide de micro-asperseurs suspendus pour refroidir ou pour la protection antigel jusqu'à environ - 3 ° C. Arroser la zone permet de prévenir le gel, qui peut souvent causer des dommages irréversibles aux arbres.

 

Irrigation localisée. Actuellement, les systèmes d'irrigation localisée s’implantent dans la plupart des vergers d’amandiers. Par rapport aux systèmes d’irrigation gravitaire ou par aspersion, l'irrigation localisée est plus efficiente. Elle nécessite des ressources en eau moindres et apporte de petites quantités d’eau, toujours au même endroit, avec une fréquence élevée. Ce système d’apport d’eau permet la formation de zones humides (bulbes) où l’humidité toujours maintenue très élevée favorise l’absorption de l’eau et des nutriments par les racines. Ce système d’irrigation offre également l'avantage de pouvoir appliquer, par le biais de l'eau d'irrigation, des engrais, des herbicides et des produits phytosanitaires. Parmi ses inconvénients, on peut citer les risques de colmatage des goutteurs, si les caractéristiques de l'eau d'irrigation ne sont pas bonnes et l'impossibilité d'effectuer un travail dans un sens perpendiculaire aux rampes si celles-ci sont placées à la surface du sol. Il est possible d’éviter le colmatage des goutteurs en utilisant des goutteurs de qualité et une bonne filtration.

Les systèmes d’irrigation localisée utilisés sur les amandiers correspondent à deux types d’irrigation : les micro-asperseurs et les rampes goutte-à-goutte. Avec l’irrigation localisée par aspersion, l'eau est apportée par de petits asperseurs sous forme de pluie fine. Par rapport aux asperseurs classiques, les micro-asperseurs demandent une pression plus faible (1-2 kg / cm2), un débit plus faible (16-200 l / heure) avec un rayon de la zone humidifiée moins important (inférieur à 3 m). Parmi les systèmes localisés, ce sont eux qui mouillent le plus de surface et apportent plus d'eau, à une fréquence plus faible. Dans les régions venteuses, les difficultés sont dues au manque d'uniformité dans la répartition de l'eau. De même, les micro asperseurs produisent le taux d'humidité le plus élevé dans la plantation, ce qui favorise le développement des maladies.

Le système d'irrigation goutte-à-goutte, présentant de grands avantages pour la culture des arbres fruitiers, est celui qui est le plus utilisé pour toutes les nouvelles plantations.

Les rampes sont généralement en polyéthylène basse densité, d’un diamètre compris entre 16 et 20 mm, d’une épaisseur inférieure à 2 mm et d’une pression maximale de 2,5 kg / cm2. Les goutteurs, qui amènent l'eau sur le sol avec un faible débit, forment dans le sol un bulbe humide. Fabriqués en  plastique, ils ont un faible débit (moins de 16 l / heure), mais les plus utilisés sont ceux dont le débit est de 2 et 4 l / heure pour une pression de travail d’environ 1 kg / cm2. Ils peuvent être placés en dérivation ou intégrés dans la rampe. Si la surface de plantation présente une pente, on recommande d’utiliser des goutteurs autorégulants (PC), pour maintenir un débit constant malgré les différences de pression générées le long de la rampe par les dénivellations du terrain.

L'irrigation goutte-à-goutte présente de nombreux avantages :

- la possibilité de travailler avec de faibles débits.

- Le goutte-à-goutte permet d'économiser de l'eau (une solution pour les pays où l'eau est rare, mais cette technique d’irri­gation nécessite des exigences de filtration relativement élevées).

- Il maintient une bande humide continue le long des lignes d’arbres.

- C’est une méthode optimale pour fertiliser les arbres.

- Ne mouillant pas le tronc, il diminue l'humidité, évitant ainsi le développement de la pourriture, des maladies et la croissance des mauvaises herbes.

 

Irrigation goutte-à-goutte enterrée. Au niveau mondial, l'utilisation de l'irrigation goutte-à-goutte enterrée (SDI) n'est pas une nouveauté. En Israël, cette pratique existe depuis les années 1960. Cette technique a été diversement utilisée dans le monde pour différentes cultures, sur plusieurs types de sols et sous différents climats.

C’est un système qui fournit de l’eau à basse pression aux amandiers et à d’autres cultures, par le biais d’un goutte-à-goutte enterré ou de tubes rigides avec des goutteurs intégrés.

L'irrigation goutte-à-goutte enterrée présente, par rapport à l'irrigation goutte-à-goutte de surface traditionnelle de nombreux avantages :

- des rendements plus élevés avec une réduction significative de la consommation d'eau.

- Plusieurs études ont montré que l'évaporation au niveau du sol, le ruissellement de surface et la percolation profonde sont fortement réduits ou éliminés avec cette technique.

- Le volume de sol humide est plus grand.

- Les coûts de maintenance diminuent.

- Il ne gêne pas au passage des machines. L’utilisation des herbicides diminue car le développement des mauvaises herbes est moindre.

- Les équipements d'irrigation sont protégés contre les parasites et les dommages climatiques.

- Il est possible également d'irriguer par vent fort.

- Des études ont montré qu’avec cette technique le ruissellement dans les cours d’eau était réduit ou éliminé et qu’il y avait moins de lessivage des éléments nutritifs et chimiques pouvant résulter d’une percolation profonde.

- Dans certains cas, une longévité du système en plaçant l'eau à l’endroit où se trouvent les racines.

- Possibilité d'irriguer pendant la récolte et un sol de verger sec permet d’éviter des maladies en surface. Des recherches menées à la Kansas State University ont montré que le goutte-à-goutte enterré, lorsque l'irrigation est nécessaire, évite que les amandes qui sèchent à la surface lors de la récolte soient endommagées.

Les principaux inconvénients sont :

- l’irrigation goutte-à-goutte enterrée peut avoir un coût d'investissement initial plus élevé que certains autres systèmes d'irrigation, mais finalement cet investissement est intéressant car les rendements des cultures sont plus importants et la consommation en eau est plus faible.

- Les rongeurs peuvent avec leurs dents endommager le système. 

- En raison de l’accumulation de particules minérales et d’algues, le colmatage peut être un problème. Il est important de purger les vannes installées à l'extrémité des conduites des cana­lisations pour évacuer les bouchons et vidanger l’installation.

- La pénétration des racines qui peuvent aussi écraser les canalisations sont parfois un problème, que les producteurs ne peuvent pas voir jusqu'à ce que des dommages se manifestent de façon évidente au niveau des arbres ou de la végétation environnante.

- Le manque d'indicateurs visuels du bon fonctionnement de l'irrigation est un inconvénient majeur lié à l’irrigation goutte-à-goutte enterrée. On ne peut pas contrôler visuellement le bon fonctionnement des goutteurs.

- Il existe un risque de colmatage des goutteurs et de rupture des canalisations par les racines présentes dans le sol.

Actuellement, des tests de goutteurs sont disponibles sur le marché pour éviter ces problèmes. Les plantations d’amandiers couvrent généralement de vastes zones où se trouvent de nombreux animaux comme des rongeurs, des oiseaux, des petits reptiles et parfois même de gros porcs sauvages, qui peuvent endommager les équipe­ments disposés sur le sol tels que les rampes goutte-à-goutte, les canalisations de distribution et bien souvent les asperseurs eux-mêmes. Ces dommages peuvent attein­dre des sommes très importantes. De plus, dans de nombreuses plantations, les machines agricoles sont de plus en plus utilisées, à chaque stade de croissance, y compris pour la récolte des noix. Enfouir les lignes de goutteurs dans le sol facilite la vie, la surface est dégagée, sans gêne pour le passage des machines et pour les travaux en cours.

Lors de la plantation, deux à quatre lignes de goutteurs sont enterrées à une profondeur de 10 à 30 cm, en fonction des conditions du sol et des risques encourus par la plantation. Ces lignes de goutteurs ne sont utilisées qu’au début de la troisième année de la plantation. Pendant les deux premières années, la plantation est irriguée à l'aide d'un système goutte-à-goutte de surface. Après deux ans (ou trois selon le développement des arbres), la plantation est irriguée en utilisant le système enterré. La variété des arbres plantés peut avoir une forte demande en eau et un important développement racinaire ; deux à quatre lignes de goutteurs sont enterrées de chaque côté des rangées d'arbres afin d'atteindre une humectation totale du sol et des apports en eau suffisants pour assurer une croissance optimale des arbres.

Les installations d’irrigation goutte-à-goutte, y compris les systèmes enterrés, requièrent un niveau élevé de filtration, des canalisations de distribution, des systèmes de purge des rampes et des ventouses. L’application d’exigences élevées et régulières en matière d’entretien, de filtration et de surveillance prolongeront le bon fonctionnement de l’installation et sa durée de vie.

Lorsqu'il pose de très longues lignes de goutteurs dans une plantation (500 à 700 mètres), le producteur doit s'assurer que la pression minimale atteint 3 bars au début de la ligne et que cette ligne est bien un tuyau de 20 mm de diamètre avec un espacement d'un mètre entre les goutteurs, travaillant à un débit de 1 à 1,1 l / h.

 

Bibliography: 

- Nuevas tendencias en el cultivo del almendro, Xavier Miarnau Prim PhD, IRTA

 Fruit, trees and vines, Elias Fereres PhD, University of Cordoba and IAS-CSIC, Cordoba, Spain.

 Almond irrigation improvement continuum, Larry Schwankl and others, UCCE.

 Manual del almendro, Octavio Arquero y others, Junta de Andalucía.

 Manual para el cultivo del almendro, Baldomero Casado y others, Junta de Andalucía.

 Nuts. Almond, pecan, walnut, macadamia, hazelnut, cashew, NaandanJain a Jain Irrigation company.

 Microsprinkler evaluation exampler, University of California.

 Resutado del riego deficitario en leñososos, Ramón López Urrea, ITAP

 Subsurface Drip Irrigation in almonds, By Larry Schwankl, University of California.