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Casablanca : les premières tours végétalisées d'Afrique

Le système d’arrosage des pots permet l’ajustement des débits suivant les besoins en eau, les volumes de terre et le type de végétation.

Lorsque l’on pense à Casablanca, viennent à l’esprit la mosquée Hassan II, le Twin Center ou encore l’immeuble Liberté. Désormais, un nouvel édifice devrait trouver sa place parmi ces lieux emblématiques de la capitale économique du Maroc, et donner un nouveau souffle à la ville. Inaugurée le 27 mars 2018, la toute première tour végétale d’Afrique et du Moyen-Orient, signée Yasmine Immobilier, est une véritable prouesse architecturale et végétale.

 

Pensées par l’un des architectes européens les plus avant-gardistes, la Maison Edouard François, les tours végétales de Casablanca ont été conçues comme un quartier à part entière dans lequel il fait bon vivre, où l’on peut travailler, faire ses courses et flâner sans avoir besoin de prendre sa voiture. Lorsqu’il arrivera à son terme, le projet comptera au total quatre tours (trois tours d’habitation et une tour de bureaux), et 11 pavillons jumelés, l’ensemble complètement ouvert sur la nature et entouré d’espaces verts. Le bâti ne représente  en effet  que 30 % de la superficie totale du projet, 70 % étant dédié aux espaces verts, place centrale, promenades, piscines et autres aires de jeu.

Ainsi, les clients auront le choix entre des appar­tements situés dans une  tour  végétale  de 16 étages ou des appartements situés dans un pavillon de quatre étages. Les tours végétales, habillées de bougainvilliers blancs, de chèvrefeuilles et de jasmins, offrent  à chaque étage un balcon spacieux idéal pour profiter de la vue panoramique sur la skyline de Casablanca. Ces tours abriteront une palette de 384 appartements et duplex, ainsi que 6 penthouses de surfaces allant de 50 à 300 m2. Les pavillons jumelés de quatre étages, quant à eux, bénéficieront de jardins privatifs et de terrasses aménagées, ainsi que des solariums privatifs et accessibles aux résidents. À chaque pallier se trouvera  au maximum trois résidents.

Le projet se déroule en trois phases, la première phase ayant été livrée courant 2018. Cette première tranche est composée d’une première tour de 16 étages (de 56 mètres de haut) et de quatre pavillons de quatre étages. Il s’agit de la première tour verte d’Afrique et du Moyen-Orient, qui donne la primauté aux espaces verts. Edouard François, l’archi­tecte du projet, a déclaré que le concept de base était de : « faire un bâtiment qui ressemble un peu à un œuf de Fabergé. À la fois dans la forme, que l’on souhaitait organique, mais aussi dans la justesse des détails. On l’a donc habillée d’une résine précieuse dont la forme est inspirée du nid d’abeilles. L’idée est de permettre à la végétation de venir s’installer petit à petit ».

Situé sur le site historique de l’ancien aéroport d’Anfa, « le projet a nécessité l’expertise d’architectes-paysagistes et d’ingénieurs hydrauliciens internationaux, et de plusieurs jardiniers ».

Chaque tranche comprend à peu près 150 apparte­ments. Au  total à la fin du projet, 450 unités seront livrées, dont 409 appar­tements, 10 commerces et 16 bureaux, le tout bâti sur un terrain de 50 000 m2.

 

Généralité projet Arrosage

Le projet est décomposé en 3 lots (Lot 122, Lot 123 et lot 124). Les études d’arrosage ont été réalisées entre  2013 et 2015 pour les travaux des tours et des locaux techniques. Par la suite, des consultations d’entrepri­ses ont été réalisées pour les travaux du premier lot : lot 122. Les travaux pour ce premier lot ont débuté en 2016. Les travaux pour le deuxième lot (lot 123) ont débuté en 2018.

Le lot 122 comprend une tour de 16 étages et un niveau toiture, ainsi que les abords de 4 pavillons. Le lot 123 comprend une tour de 16 étages et niveau toiture, ainsi qu’une tour de bureaux de 7 étages et un niveau toiture, et les abords de deux pavillons. Le lot 124 comprendra une tour de 16 étages et un niveau toiture, ainsi que les abords de 5 pavillons. Seul le lot 122 est achevé. Il a été inauguré en mars 2018. 

En raison de la décomposition des travaux et séparation par des routes et le tramway, chaque lot est géré séparément et dispose de sa propre alimentation en eau. Ainsi, pour l’arrosage automatique, 3 alimenta­tions en eau sont présentes pour l’ensemble du projet.

Dans chacune des tours, des pots de 70 cm et 90 cm de diamètre sont  implantés sur les terrasses à raison de 8 à 22 jardinières par étage et au 17e étage, un toit-terrasse est aménagé d’une très grande jardinière de 1 mètre de large qui fait toute la périphérie de la tour. Ces jardinières sont plantées de bougainvilliers blancs, de chèvrefeuilles et de jasmins. Lors des études, des calculs hydrauliques ont été réalisés  par JFL Concept afin d’avoir des apports d’eau réguliers et adaptés suivant le volume de substrats présent pour chaque pot, les expositions, le type de plantations. Quand aux abords, ils sont plantés de massifs et d’arbustes, ainsi que de palmiers.

Lors des études, un dimensionnement du volume d’eau nécessaire a été réalisé afin d’avoir une capacité en eau journalière disponible pour l’arrosage des pots de la/des tours et des jardinières sur les toitures, d’une part, et des parvis et des espaces verts en rez-de chaussée, d’autre part. Les bâches de stockage ont un débit disponible de 40 m3. Elles sont implantées dans le sous-sol des tours de logements. Dans chaque tour, on a une bâche de stockage pour l’eau potable, et une pour l’eau d’arrosage.

Dans chaque tour, 2 stations de pompage sont installées dans un local technique spécifique arrosage, une pour arroser les jardinières et les toitures de la tour et une pour l’arrosage des espaces verts des abords, en rez-de-chaussée. Les abords sont plantés de massifs et d’arbustes, ainsi que de palmiers. Ainsi, pour chaque lot, on a deux réseaux d’arrosage séparés. Les stations de pompage ont des caractéristiques techniques différentes en raison des débits et des pressions dynamiques nécessaires et variant suivant les besoins du rez-de-chaussée et de la/les tours. Pour les tours, la station de pompage est composée de 2 pompes à vitesse variable d’un débit individuel de 3 m3/h et d’une pression de 11-11,5 bars. La station de pompage des abords est composée de 2 pom­pes à vitesse variable d’un débit individuel de 8 m3/h et d’une pression de 6,5 à 7 bars. Chaque station est équipée de 2 pompes afin d’avoir un démarrage alterné des pompes et d’avoir le débit et la pression disponibles  par pompe pour la maintenance.

Des équipements hydrauliques sont présents dans le local technique en sous-sol : une filtration à tamis 100µ autonettoyante. Les plages de pressions des stations de filtration sont de  2 types : 10 et 16 bars. Pour le réseau de la tour, la filtration (16 bars) sera associée à une vanne maîtresse normalement ouverte qui fonctionnera lors du contre-lavage et en raison des besoins de débits. Un ballon à vessie permettra d’apporter le débit de contre-lavage.

 

Réseau d’arrosage des abords

Concernant l’installation d’arrosage des abords, le réseau primaire chemine dans les espaces verts. Il est en polyéthylène haute densité (PEHD). Dans le local technique, les canalisations sont en PVC.  Des vannes électriques ICV Hunter de 1” et 1”1⁄2 sont implantées dans des regards et des régulateurs de pression réglables sont installés sur chaque électrovanne. Chaque vanne élec­trique est équipée d’un décodeur pour le raccorde­ment à la programmation d’arrosage spécifique du rez-de-chaussée du lot. Les réseaux secondaires sont en PEHD et cheminent dans les espaces verts. Le maté­riel d’arro­sage est composé à 100% de goutte-à-goutte avec goutteurs incorporés et auto­régulants.

Trois bubblers d’un débit de 60 l/h permettent d’arroser les palmiers implantés en rez-de-chaussée. Ils sont raccordés sur le réseau primaire de la tour. La vanne électrique en 1” est implantée dans le local technique et permet d’ajuster les besoins en eau en relation aux types de végétations spécifiques.

 

Réseau d’arrosage des tours

Concernant la/les tours et le parvis, le réseau primaire chemine en sous sol et dans les gaines techniques de la tour. Les canalisations sont en PVC 16 bars. Des vannes électriques, installées dans des armoires spécifiques d’ar­rosage, sont implantées dans les gaines techniques et dans le local technique. Chaque vanne électrique ICV Hunter 1” est équipée d’un régulateur de pression réglable. Un décodeur est également associé à cha­que vanne électrique et permet le raccordement au programmateur spécifique de la tour  avec un câble 2 x 2,5 mm2.

Deux programmateurs sont implantés dans le local technique. Un programmateur ACC à décodeurs est présent pour chaque réseau primaire et permet le fonctionnement diffé­rencié de l’arrosage des espaces verts au RDC, et de l’arrosage des pots ainsi que des jardinières toitures de la/les tours. Des capteurs de débits sont installés pour chaque programmateur afin d’avoir un retour de débit et d’assurer une maintenance optimale. Les programmateurs ACC à décodeurs sont également équipés d’une télécommande afin de réaliser la maintenance en directe sur site et suivant les niveaux des vannes électriques. Ainsi, on a deux programmateurs par lot, soit 6 au total.

 

Zoom sur l’arrosage des jardinières de la tour végétalisée

Pour l’arrosage des pots implantés du niveau 1 au niveau 16, une répartition a été étudiée suivant les débits et contraintes de pressions. Des vannes électriques sont réparties sur la hauteur de la tour et permettent la séparation des niveaux par groupe de 1 à 3 niveaux. À partir des vannes électriques présentes dans les gaines techniques, un réseau secondaire est présent des armoires techniques jusqu’aux pots. Lors des phases études, les terrasses étaient composées de dalles sur plots. À la fin des études et au début des travaux, des adaptations ont été analysées et des solutions de mise en place de caniveaux en périphérie de la tour ont été validées. Le type de caniveau a été validé suivant les contraintes de section de canalisation et des raccords nécessaires. Des antennes spécifiques de caniveaux ont été mises en places jusqu’à chaque pot. Les réseaux secondaires en PEHD cheminent dans les caniveaux et permettent l’alimentation directe de chaque pot. Les pots ont été fabriqués sur mesure avec une trappe d’accès per­met­tant le raccordement de l’arrosage secon­daire et le goutte-à-goutte en partie supérieure. Un flexible inox de diamètre 16 d’une longueur d’environ 1m permet la jonc­tion du réseau secondaire de diamètre 25 jusqu’au goutte-à-goutte.

Le système d’arrosage des pots permet l’ajustement des débits suivant les besoins en eau, les volumes de terre et le type de végétation. Il est composé d’un goutte-à-goutte avec goutteur auto-régulant d’un débit de 1,6 l/h. Des goutteurs complémentaires de type Techflow de Netafim sont mis en place sur le goutte-à-goutte. Les goutteurs ont un débit de 8l/h et sont auto-régulants. Le nombre de goutteurs varie suivant les dimensions des pots. Les débits seront également variables suivant la maintenance ultérieure et suivant les ajustements des plan­tations et des expositions. En partie supé­rieure de la tour, avec le nombre maximale par étage et au nombre 20-22 pots, chaque niveau est géré séparément.

Ainsi, l’installation d’arrosage mise en place, suivant les règles professionnelles, a pour objectif de sécuriser les installations, d’adapter les débits suivant les végétaux et leurs besoins en eau, de faciliter la maintenance de l’installation et d’obtenir une gestion optimale de l’eau. En accord avec le positionnement « vert » du projet, l’arrosage per­mettra un meilleur développement et une présence accrue des végétaux et par conséquent, un accroîs­sement de l’oxygène et du bien être de la population présente sur le site. Après les travaux du lot 122, les travaux en cours sont pour le lot 123 : tour de logement (R+16) et tour de bureau (R+7).