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Toits-potagers,  jardins partagés, friches exploitées… des petits espaces verts nourrissiers tendent de plus en plus  à  se développer dans les grandes villes. Outre  de fournir des fruits et légumes produits sur place, l’agriculture urbaine développe le lien social et réduit les îlots de chaleur urbaine.

Tout a commencé à New York dans les années 70

Dans les années 70 à New York, poussent gentiment les racines du mouvement des « green guerillas », où les activistes lancent des bombes de graines au-dessus des grillages pour faire pousser des fleurs dans des friches urbaines. Au fil des saisons, le mouvement prend de l’ampleur jusqu’à l’éclosion du premier jardin communautaire de l’histoire, en 1973, à Manhattan. Il s’agit d’un terrain transformé en jardin, entretenu et géré en commun par un groupe d’habitants.

 A la même période au Canada, les « jardins communautaires » sortent de terre.  

En Angleterre sont aussi apparus, dès les années 70, beaucoup de jardins collectifs et des fermes urbaines. Aujourd’hui à Londres, il existe plus de 30 « urban farms » qui ramènent un peu de campagne dans la grande ville.

En Allemagne et en France, le concept a été introduit plus tardivement,  dans les années 90.

A Berlin par exemple, où, grâce aux prix immobiliers très bas, de nombreux terrains en jachère offraient des possibilités de réaffectations spontanées de courte ou de longue de durée.

 Les Français font germer le premier jardin partagé à Lille en 1997 en s’inspirant du modèle Américain.

 

Une grande variété  de potagers urbains répondant à des motivations diverses

Toits cultivés, jardins partagés, friches exploitées…  Une déferlante verte aux formats nouveaux gagne aujourd’hui le cœur des villes de l’Hexagone et d’Europe, après avoir déjà conquis l’Amérique du Nord. En Ile de France, de premiers recensements font ainsi apparaître que la surface totale des jardins associatifs pourrait atteindre celle de la surface de maraîchage professionnel. Et à Marseille, on compte un millier de petites parcelles où sont cultivés des légumes potagers sur une trentaine d’hectares.

A l’origine de ce phénomène, les préoccupations concernant le changement climatique et la succession de différents scandales alimentaires (vache folle, poulet à la dioxine…) , ont remis en question les formes de productions alimentaires intensives et leur localisation. En témoignent notamment le succès des circuits courts comme les Amap ou le retour des marchés paysans dans lesquels les producteurs se rassemblent dans un lieu donné pour vendre en direct leurs produits. A cela s’est ajouté la crise économique de 2008 : quelque soit la taille des parcelles, la fonction alimentaire revient quasiment toujours dans la bouche des porteurs de projets. Le phénomène représente aussi une aide substantielle à l’alimentation de nombreux foyers urbains, notamment des plus modestes.

Cependant, l’utopie d’une production urbaine aux vastes surfaces se heurte à la dure réalité de la pression foncière, notamment en ce qui concerne certaines grandes villes d’Europe. A cela s’ajoute la pollution des sols urbains (c’est le cas à Paris, notamment) qui ne peuvent être réutilisés en culture.

Dès lors, l’agriculture sur les toits se présente comme une alternative astucieuse en n’occupant aucun espace horizontal tout en s’abstrayant de cette pollution des sols. Elle est en pleine expansion dans plusieurs villes européennes. A Paris par exemple, la maire Anne Hidalgo emboîte le pas au mouvement en annonçant sa volonté de mettre en place « 100 ha de toits végétalisés, dont 30 ha productifs ».

 

Quelles plantations et quel arrosage  pour votre potager urbain ?

De nombreuses variétés de légumes peuvent prendre place dans les conteneurs d’un potager urbain, dont l’aubergine, la betterave, la carotte, la courgette, la laitue, le radis, la tomate … Certains légumes poussant sur une courte durée et possédant des racines peu profondes, nécessitent un arrosage régulier mais peu abondant, d’autres, aux racines bien développées et ayant besoin de plusieurs mois d’été pour fructifier, comme la tomate ou le melon pour ne citer que les plus communs, seront plus demandeurs. Les légumes d’hiver se contenteront la plupart du temps des précipitations naturelles et d’un peu d’air en période de sécheresse. Les légumes à croissance rapide comme les salades ou les radis ont quant à eux des besoins réguliers mais sur une courte période.

La mise en place d’un arrosage automatique avec programmateur se déclenchant à la nuit tombée est une très bonne solution pour les légumes réclamant beaucoup d’eau. Economiques, les goutteurs directement situés aux pieds des plantes et réglés sur un débit adapté à chacune d’entre elles, instilleront la quantité d’eau exacte requise pour leur assurer une croissance optimale. Cette solution est idéale pour arroser les melons, pastèques et tomates de façon efficace.

La qualité de l’eau a aussi son importance car certaines eaux de ville, traitées à l’extrême, peuvent modifier le pH du sol, engendrant carences et maladies. Si cela est possible, privilégiez toujours l’eau de pluie, neutre et contenant des micro-nutriments. Equipez son jardin en récupérateurs et autres citernes permet de récolter cette « manne » gratuite venue du ciel et de l’utiliser à bon escient. Si cela s’avérait impossible, laissez reposer l’eau du robinet 24 heures avant de l’utiliser.

Astuces pour limiter la consommation d’eau : ne jamais laisser le sol être envahi par les mauvaises herbes. Celles-ci puisent l’eau en surface avant qu’elle ait pu atteindre les racines des légumes plantés. La concurrence étant rude, ceux-ci en souffriront forcément. Biner souvent le sol pour éviter l’apparition de mauvaises herbes et aérer la terre pour que l’eau pénètre mieux permet d’arroser plus efficacement.

Autre technique indispensable à tout potager : le paillage. Qu’il soit constitué de résidus de tonte, de pailettes de lin, de feuilles mortes broyées ou de tout autre résidus végétaux, un paillage bien épais permet en un seul geste d’empêcher la pousse des mauvaises herbes, de nourrir le sol et de réduire la fréquence des arrosages puisqu’il conserve au sol sa fraîcheur.

 

Surfant sur la vague écolo, l’agriculture urbaine est en plein essor partout dans le monde. Outre de rapprocher les citadins de la nature, ces jardins sont des lieux de partage, d’échange et de convivialité. Un autre avantage est le recyclage des déchets : le détritus de compost vert urbains est bénéfique pour les plantes et est souvent synonyme de meilleur rendement. Par ailleurs, la biodiversité répond très favorablement à ces projets. On observe par exemple la prolifération des vers de terre, considérés comme les ingénieurs du sol. Les oiseaux et les abeilles trouvent également refuge dans ces zones vertes.