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Comment arroser les terrains de sport en gazon naturel ?

Une installation à haut rendement remplit réguliè rement le réservoir sol permettant une homogénéité de pousse du gazon.

 

Afin d’assurer une surface de jeu parfaitement uniforme et souple, une pelouse en gazon naturel doit être en parfaite condition. Le gazon naturel requière de la lumière, des nutriments, des opérations régulières d’entretien : tonte, aération, scarification et de l’arro­sage selon les conditions climatiques. Que la pelouse soit semée sur place ou réalisée par placage de gazon pré-cultivé, les besoins restent identiques.

 

La réalisation et l’entretien d’un gazon parfaitement uniforme et souple est un défi pour les concepteurs, les constructeurs et les exploitants de terrains de sport en gazon naturel. Dès la conception du stade, une installation d’arrosage automatique performante est largement plébiscitée comme l’un des meilleurs outils contribuant à obtenir une surface de jeu uniforme. Pen­dant la période végétative intense de la saison d’été, l’arrosage de la pelouse est un prérequis incontour­nable pour assurer la pousse optimum et homogène du gazon.

Traditionnellement les matchs de football se jouent sur des pelouses en gazon naturel. Les joueurs s’attendent à retrouver sur du gazon naturel, les comportements du ballon auxquels ils sont habitués, à condition que la pelouse soit parfaitement uniforme et souple.

Cette exigence s’applique directement à l’installation d’arrosage automatique : sans une uniformité très élevée de la distribution de l’eau par les arroseurs, il n’est pas possible d’obtenir une surface de jeu uniforme.

 

Installation d’arrosage automatique à haut rendement

Une installation d’arrosage automatique performante doit offrir un très haut rendement qui se mesure physiquement par un très haut coefficient d’uniformité de distribution de l’eau.

Une installation à haut rendement remplit régulièrement le réservoir sol permettant une homogénéité de pousse du gazon.

À l’inverse une faible uniformité se traduit par des zones sur ou sous arrosées responsables de l’hétérogé­néité du gazon.

La qualité de distribution d’eau d’un arroseur est intrinsèque à de nombreux paramètres qui font partie d’un savoir-faire spécifique à chaque fabricant. Elle se mesure sur le banc d’essais du centre de recherche du fabricant et dans des laboratoires indépendants tels que le CIT de Fresno en Californie ou l’Irstea d’Aix en Provence.

Le banc d’essai utilise des collecteurs pour mesurer le profil de distribution de chaque arroseur à différentes pressions.

Les volumes d’eau récoltés par les collecteurs sont traités mathématiquement pour calculer les quantités d’eau distribuées sur la surface couverte par plusieurs arroseurs dont les jets se recoupent.

Le cœfficient d’uniformité de Christiansen exprimé en pourcentage renseigne sur la qualité de l’uniformité d’arrosage. Un cœfficient de 70% indique une faible uniformité alors qu’un cœfficient supérieur à 90% indique une excellente uniformité de distribution.

A l’intention des concepteurs et des exploitants, le laboratoire CIT de Fresno a mis au point un logiciel de simulation (SpacePro) permettant de visualiser par des densogrammes colorés la qualité de l’uniformité de distribution d’un arroseur donné.

Une grande uniformité d’arrosage s’illustre par un densogramme teinté d’une seule couleur dominante (rouge orangé) – Exemple arroseur TS90 (voir tableau) :CC = 93% avec un dispositif triangle de 20m à 5.5 bars - SC = 1,1.

Un densogramme teinté de couleurs différentes fait ressortir une faible uniformité d’arrosage et par conséquent une pousse hétérogène du gazon – Exemple arroseur 2001 (voir tableau) : CC= 73 % avec un dispo­sitif carré de 20 m à 3.5 bars - SC=1,6.

Le cœfficient SC (Scheduling Cœfficient) est l’indice de majoration qu’il faut appliquer sur les durées d’arrosage pour que les surfaces les moins favorisées reçoivent la quantité d’eau minimum prévue.

La réduction des consommations d’eau constitue l’autre bénéfice induit par une installation d’arrosage à haut rendement.

Une installation à haut rendement caractérisée par un indice de majoration faible (SC = 1,1) permet de réduire la consommation d’un stade jusqu’à 1 500 m3 d’eau par an (région Aquitaine).

Les arroseurs de faible diamètre disparaissant dans le sol sous un couvercle en gazon naturel ne présentent pas de risques pour les joueurs. Ils offrent de très hauts cœffi­cients d’uniformité contribuant à obtenir une surface de jeu engazonnée uniforme et souple. Ils offrent également d’autres caractéristiques intéres­santes :

• débit et pression de fonctionnement compatibles avec une source d’eau classique (15 à 20 m3/h à 5 bars),

• pluviométrie proche de la vitesse de filtration du sol,

• coût d’investissement et d’exploitation raisonnable.

 

Gestion raisonnée des apports d’eau

Une installation d’arrosage automatique à très haut cœfficient d’uniformité ne suffit pas pour obtenir une pousse optimum et homogène de la pelouse, il faut également une gestion précise et dynamique des apports d’eau qui tienne compte de la variation des besoins réels du gazon.

Le programmateur d’arrosage est l’outil principal de la gestion raisonnée des apports d’eau.

Il permet de démarrer l’arro­sage à une heure choisie, de déterminer les durées d’arrosage de chaque arro­seur et de régler la fréquence des apports d’eau. Cependant, les pratiques d’arro­sage sont souvent inadaptées car elles sont établies par habitude ou selon un calendrier prédéfini non corrélé avec la de­mande climatique.

Lorsque le programmateur est réglé pour apporter la dose de plein été, le gazon est sur-arrosé et l’eau est gaspillée. Le programmateur devrait être reprogram­mé régulière­ment pour adapter la dose d’arrosage à la demande climatique

Les programmateurs auto-adaptatifs incluent une sonde climatique mesurant l’ET. Les doses d’arrosage sont automatiquement modifiées en fonction des besoins réels du gazon. Le gazon reçoit la dose d’arrosage qui convient à son développement optimal. Le gaspillage d’eau est évité.

 

Programmation dynamique des apports d’eau

Les conditions hydriques du sol doivent être mainte­nues à un niveau favorable à la pousse du gazon. La programmation des arrosages, en dose et en fréquence d’ap­ports consis­te à compen­ser la perte d’eau du réservoir sol.

La mesure de l’évapotranspiration est le moyen indirect permettant de déterminer la quantité d’eau prélevée dans le réservoir sol par l’absorption racinaire. L’évapotranspiration cumulée entre deux arrosages permet de connaître la dose d’eau à appliquer. Les systèmes informatisés de gestion de l’arrosage utilisent des stations agrométéo­rolo­gi­ques mesurant précisément l’évapotranspiration et les hauteurs de pluie. Les sondes climatiques raccordées aux programmateurs auto-adaptatifs réalisent des mesures approchées de l’ET et des pluies.

Ces systèmes de mesures permettent d’adapter dynamiquement la quantité d’eau apportée à chaque arrosage en fonction des besoins de la plante.

La programmation dynamique des apports d’eau uniquement basée sur la mesure indirecte de l’état hydrique du réservoir sol ne constitue pas une stratégie vraiment complète pour une gestion optimum des apports d’eau du gazon.

Discernement et expérience sont nécessaires pour évaluer le niveau d’épuisement du réservoir sol afin de déterminer la fréquence des arrosages.

La mesure de l’évapotranspiration par une station agrométéorologique ou une sonde climatique indique bien la dose d’arrosage idéale à appliquer mais pas la fréquence des apports.

Une stratégie complè­te de pilotage de l’arrosage devrait tenir compte de l’évolution de l’état hydrique du réservoir sol pour déterminer la fréquence des arrosages.

La mesure directe de l’état hydrique du sol par une sonde enterrée dans la zone racinaire du gazon permet de détecter l’épuisement de la réserve utile et de décider d’un nouvel apport d’eau.

Chaque sonde de mesure reliée à un serveur internet permet de tracer la courbe d’évolution de l’état hydrique du réservoir sol.

Lorsque la courbe indique que le niveau d’épuisement de la Réserve Utile est atteint, une nouvelle irrigation doit être programmée.

La mesure directe de l’état hydrique du sol permet d’établir de manière certaine la fréquence des arrosages.

Les sondes de mesures de l’état du réservoir sol fonctionnant par radio facilitent leur implantation sur la pelouse d’un stade. Elles procurent un suivi de toute la

saison d’arrosage permettant de s’assurer, à postériori, que le gazon a bénéficié des conditions optimales de pousse.

Accessoirement, elles indiquent la température et la conductivité du sol pour décider d’autres opérations d’entretien du gazon.