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Réserve d’eau individuelle et pivot réhaussé pour l’irrigation de céréales dans la Vienne

Le problème qui s’est posé à M. Reinier est d’irriguer une parcelle en pente au milieu de laquelle se trouve une retenue d’eau.

M. Reinier, agriculteur dans la Vienne, possède une exploitation de 160 hectares, de taille moyenne, en mode conventionnel. Il y cultive 80 hectares de blé, 50 hectares d’orge, 13 hectares de maïs pop corn et 10 hectares de pois. La totalité de l’exploitation est irriguée, avec deux pivots et deux enrouleurs.

 

Je me suis rendue sur l’exploitation de M. Reinier par une très belle matinée du mois d’avril, accompagnée d’Armel Morlet, responsable des ventes chez Valmont, et de M. Dousselain, responsable d’Electr’O Tech Service, installateur de matériel d’irrigation à Le Blanc, dans l’Indre. M. Reinier nous accueille dans sa ferme. Nous reprenons la voiture pour nous rendre sur la parcelle qui nous intéresse.

Au milieu d’une parcelle de 27 hectares, nous aper­cevons une grande retenue d’eau. Le principe de la retenue collinaire est de récupérer l’eau de pluie et les eaux de ruis­sellement, non potables, et de les réutiliser. Elle est alimentée par un forage de 160 m3 par heure ; le forage descend à 73 mètres, mais parfois la nappe remonte à 42 mètres, car il y a une rivière sou­terraine ; la nappe est toujours pleine et M. Reinier n’a pas de problème d’approvi­sionnement en eau. Deux pompes alimentent les deux pivots de l’exploitation. Selon Armel Morlet, « l’agriculteur a besoin d’eau, il l’emprunte à la nature et la lui restitue ensuite ». Dans la Vienne et plus générallement en Poitou Charente, beaucoup d’agriculteurs ont demandé aux autorités de créer des retenues collinaires, mais ils n’ont pas obtenu les autorisations pour le moment. Ce type de décision est très politique. En Vendée au contraire (Région Pays de la Loire), dans le fief de de Villiers, de nombreuses retenues d’eau ont été créées.

 

Un pivot super-réhaussé pour passer au-dessus de la retenue d’eau

Le problème qui s’est posé à M. Reinier est d’irriguer une parcelle en pente au milieu de laquelle se trouve une retenue d’eau avec digue de plus de 4 mètres de hauteur. Avant, il irriguait la parcelle en question avec un enrouleur mais c’était très contraignant car il fallait le déplacer. « J’ai déplacé des pivots pendant 30 ans car personne n’avait eu l’idée de passer au-dessus de la réserve », explique l’agriculteur. Il a passé 15 ans sur le projet, et il y a 8 ans de cela, M. Renier est allé au salon de l’irrigation au Futuroscope. Il a appris par un fabricant de pivot qu’il existait des pivot super-réhaussés utilisés notamment en arboriculture et pour irriguer la canne à sucre. Le fabricant en question ne proposait pas ce type de produits, alors M. Reinier s’est tourné vers Valmont qui propose des pivots super-réhaussés dans son catalogue Valley.

Le pivot a été monté en 2012, et le montage a été assez long. Il comporte 6 travées qui sont plus hautes que sur un pivot standard ; les tours n° 3 et n° 4 sont encore plus hautes que les autres (ainsi la travée n° 4, de longueur 60,63 m, qui passe au-dessus de la réserve,  mesure environ 4,90 mètres en hauteur libre sous tirant).

Des lampes d’avertissement ont été ajoutées sur les tours. En effet, la parcelle est traversée par un chemin de randonnée, et comme le pivot fonctionne la nuit, M. Reinier a été obligé d’y ajouter des lampes de signalement au cas où il y aurait des promeneurs.

Par ailleurs, les travées super-réhaussées sont renforcées avec des doubles tubes de compression, et les cannes de descente de la travée survolant la retenue ont été raccourcies sans quoi  elles auraient traîné sur la digue. Les asperseurs sont des I-Wob de Senninger. Sur le deuxième pivot de l’exploitation qui se trouve de l’autre côté du bois, monté en Valley en 2000, M. Reinier a posé des Rotators Nelson.

Pour le reste, il dispose de deux enrouleurs, mais il envisage de s’équiper à l’avenir d’un troisième pivot. Dans ce cas, il ne garderait qu’un seul enrouleur.

L’agriculteur fonctionne surtout avec son forage, mais il puise également dans une rivière d’octobre à mars.

 

Le déroulement de la campagne

Sur cette parcelle, M. Reinier a cultivé du maïs pendant 7 campagnes, mais cette année, il va cultiver de l’orge « car le sol est fatigué, il faut faire reposer la terre. Les prix ne sont pas là non plus ». C’est surtout le coût de l’électricité qui pose problème.  En effet, les coûts de production du maïs sont de 150 € par tonne en France, alors que certains pays comme l’Ukraine produisent pour 80 € par tonne. Il existe en Ukraine des exploitations de 4000 hectares. Il est difficile de faire face à une telle concurrence.

Ainsi, notre agriculteur a du trouver une autre céréale à cultiver. « Dans le Loiret, ils ont des contrats de légumes, mais ici, c’est compliqué ». En effet, la nature argileuse et caillouteuse des sols de la Vienne n’est pas adaptée à la production de légumes. « On est coincé en céréales », explique-t-il. Et il poursuit : « L’orge a moins besoin d’être arrosé que le maïs. Il est actuellement au stade de nœud. On va faire bientôt faire un premier passage, puis un second passage sera suffisant au stade de l’épiaison ». L’orge sera récolté le 25 juin, et début août, M. Reinier plantera du colza. Il l’irriguera seulement s’il ne pleut pas.

M. Reinier s’adresse à M. Dousselain, son distributeur : « Il va falloir remettre en route la semaine prochaine car il fait très sec. Ils annoncent de la pluie à partir de jeudi mais ça ne sera pas suffisant. Je vais faire un premier passage avec trente millimètres ». Et, il ajoute : « Il faut reboucher les vidanges. Il peut il y avoir deux ou trois jets qui se bouchent. » C’est M. Dousselain qui a vendu le pivot à notre agriculteur. Il propose des installations clés en main et suit ensuite ses clients de très près. C’est un service après-vente sur mesure, individualisé. M. Dousselain s’est installé en 2007 et travaille sur le département de l’Indre et certains secteurs limitrophes.

L’irrigation est devenue indispensable car les étés sont de plus en plus chauds. Quand il met l’arrosage en route, en particulier pour le maïs, M. Reinier ne s’arrête plus jusqu‘en septembre. Avant, il ne s’agissait que d’une irrigation d’appoint, car il y avait des orages le 14 juillet et au moment du 15 août, mais c’est de moins en moins le cas. « L’irrigation fonctionne comme une assurance, et cela valorisera mon exploitation au moment de la revente », explique M. Reinier.