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D-NET de netafim
Sur la photo ci-dessus, nous pouvons voir un maillage en couverture intégrale. Ce maillage est performant, il n’y a aucun doute là-dessus, l’homogénéité de la germination en témoigne et nous pouvons constater la régularité de la levée. Ce dispositif est en revanche perfectible car on constate clairement que toute l’eau apportée ne peut pas être absorbée par le sol, forme des flaques en surface puis ruisselle dans les passages de roue. Cette accumulation d’eau n’est pas idéale pour la culture, elle va égalem

 

L’aspersion en couverture intégrale est la plus ancienne technique d’arrosage sous pression. Cette technique reste cependant très répandue, et conserve sa position entre les installations où le goutte-à-goutte ne peut pas être utilisé, et les pivots qui sont plutôt destinés à des installations pérennes sur de très grands parcellaires.

 

 

On la retrouve sur toutes les applications : maraîchage, arboriculture, céréales, mines, carrières… Bien entendu, les attentes seront très différentes entre un arboriculteur et un producteur de radis par exemple. La couverture intégrale peut être raisonnée avec des arroseurs à batteurs ou des mini-asperseurs. Le système doit être adapté à la culture, à son environnement et au niveau de technicité de l’utilisateur. Il convient de prendre en compte trois paramètres importants, qui n’auront cependant pas tous la même résonnance selon les applications. Le plus connu et pourtant encore parfois négligé est « la répartition pluviométrique ». Cet aspect aura plus d’écoute auprès des maraîchers. « La finesse des gouttes » concerne non seulement les maraîchers, mais également les arboriculteurs soucieux des échanges gazeux entre le sol et l’atmosphère, du tassement du sol, etc. Le dernier aspect, et peut être le plus récent, est la « flexibilité » du système.

 

Répartition pluviométrique

Pour certaines cultures, la répartition pluviométrique est un paramètre qui ne doit pas être négligé. Sur des applications en maraîchage par exemple, d’autant plus lorsqu’il s’agit de semis, il n’est plus possible de se contenter de choisir son arroseur par rapport à sa portée. Le dimensionnement par rapport à la portée permet de s’assurer qu’il n’y aura pas de zones sèches, mais ne garantit en aucun cas une bonne répartition pluviométrique. En effet, la forme du jet est à prendre en compte, et celle-ci varie en fonction de la pression d’utilisation, du type de buse, de l’angle du jet, du type de diffuseur,  etc.

Pour cela, il est important de bien définir les besoins et de s’appuyer sur les préconisations des meilleurs fabricants qui disposent d’outil de modélisation pour choisir la meilleure configuration par rapport aux besoins du producteur.

Au-delà du choix de l’arroseur, la conception du réseau est également à prendre en considération. Une installation mal dimensionnée peut présenter d’importantes variations de pression en différents points de la parcelle, et donc impacter la variation de débit qui devra être compensée par un sur-arrosage des zones les plus favorisées afin d’obtenir la dose souhaitée sur les zones les plus sèches. Ces variations vont directement impacter les rendements, mais également l’efficience des éventuels produits injectés. La photo page 11 prise en 2015 sur culture de carotte en couverture intégrale qui représente bien l’impact que peut avoir une mauvaise répartition pluviométrique sur le rendement.

 

Finesse des gouttes/pluviométrie

D’un point de vue économique et pratique, nous pourrions penser qu’une installation de couverture intégrale se doit d’avoir un maillage le plus large possible comme par exemple 18 m x 18 m. De tels dispositifs emploient des arroseurs avec des débits important, et des gouttes de taille importante avec suffisamment d’inertie pour parcourir de telles distances. Mais nous pouvons alors avoir un déséquilibre entre le volume d’eau apporté et la capacité d’un sol à absorber ce même volume. Il en résulte un tassement du sol plus important, et un excédent d’eau qui va ruisseler et entraîner l’apparition de flaques sur terrain plat ou l’érosion sur terrain en pente (sur vergers notamment).

À l’inverse, dans le cas d’arroseurs avec des gouttes plus fines et une pluviométrie plus faible, l’apport d’eau est plus progressif et nous observons une meilleure pénétration de l’eau dans le sol et moins de gaspillage (évaporation ou à l’opposé trop profonde pénétration).

 

Avantages d’un apport d’eau progressif avec des gouttes fines

- Meilleure pénétration de l’eau dans le sol. Moins de ruissellement.

- Limite le tassement du sol.

- Limite le lessivage des intrants et des éléments nutritifs.

- Favorise la germination (nous avons pu observer sur une culture à 6 semaines, une précocité d’une semaine avec des arroseurs à faible débit et gouttes plus fines par rapport à des batteurs classiques).

- Possibilité de retourner plus rapidement dans la parcelle avec des engins (car moins de zones sur-arrosées ou avec accumulation d’eau).

- Meilleure préparation du sol avant semis.

- Meilleure efficience des produits injectés.

 

Flexibilité

Au-delà des arroseurs, les évolutions se portent également sur le type de tuyau. Toutes les anciennes installations étaient réalisées avec des canalisations type galvanisé ou alu. Les installations plus modernes sont généralement réalisées avec des barres PE de 6 ou 9 m, voire en PVC selon les régions. Il existe également des tuyaux souples, mécanisables permettant de faciliter la mise en place et la reprise du système, de réduire considérablement le volume de transport et donc de stockage.

Pour donner un élément de comparaison, 1 ha de couverture intégrale avec du tuyau souple tient à l’arrière d’un pick-up, alors qu’un hectare de couverture intégrale avec des barres de 6 m nécessite un tracteur et une remorque. Ce point est à prendre en compte lorsque les parcelles sont éloignées de l’exploitation.

Ce système est également très bien adapté aux petits maraîchers qui recherchent des installations modulables et pouvant s’adapter à plusieurs applications.

 

Conclusion

Le monde agricole continue du muter et de s’adapter pour rester compétitif et performant. Nous rencontrons de plus en plus de producteurs très techniques et conscients qu’à partir d’un certain niveau, les marges de progression doivent se faire sur des paramètres plus fins. De plus, certains détails peuvent parfois être améliorés pour permettre de mettre en lumière d’autres efforts : vous pouvez utiliser les meilleures semences du monde, vous n’en tirerez pas tous les avantages si votre semoir est défaillant. Vous ne tirerez pas tous les avantages d’un semoir si votre irrigation est moyenne, on ne verra pas tous les avantages d’un fertilisant si il est lessivé ou si il y a de l’érosion… Il s’agit de mettre en valeur autant que possible tous les avantages des différents composants d’un système de production, et l’approche de l’irrigation évolue également dans ce sens.