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Le « Corner » de précision guidé par GPS : installé dans une exploitation des Landes en France

GPS sur le Corner

 

Un Corner de Précision guidé par GPS de marque Valley® vient d’être installé dans une exploitation agricole des Landes, en France ; d’autres fonctionnent déjà dans le Bassin parisien et en Alsace. L’explo­itation de Carcans/ Les Matouneyres qui utilise cette machine s’étend sur 840 hectares, et y sont cultivés essen­tiel­lement du maïs (700 hectares) et un peu de carotte (60 hectares). L’en­semble est irrigué avec 23 pivots, 3 ram­pes frontales et un corner de précision.

 

 

Dans les Landes, par une belle journée de décembre, accompagnée d’Armel Morlet de la société Valley, nous roulons le long d’une longue route droite bordée de pins et nous dirigeons vers Carcans. Quelques kilomètres avant la mer, nous prenons un chemin sur la droite en direction de l’exploitation agricole. Nous y retrouvons M. Thierry Gorchon-Ricart, responsable irrigation de la ferme et M. Bourgoint, jeune technicien chez Valley. Nous nous dirigeons ensuite tous ensemble vers la parcelle où est installé le corner de précision guidé par GPS.

 

Pourquoi avoir choisi un corner de précision Polyspan® guidé par GPS ?

Cette parcelle à la forme particulière (en pointe) ne peut pas être arrosée avec un pivot ou une rampe frontale. En effet, le pivot arrose en cercle et la rampe frontale en carré ou rectangle, ce qui laisserait une grande partie du champ sans arrosage.

Auparavant, cette parcelle était déjà équ­ipée d’un corner mais sans le guidage GPS et avec un revêtement intérieur galvanisé. La machine s’est détériorée au fil des années. En effet, les eaux corrosives de la région des Landes, très chargées en fer, accélèrent le vieillissement des tra­vées. La durée de vie d’un pivot galvanisé exposé à de l’eau ferrugineuse de cette zone est diminuée, parfois réduite à 7 ou 8 ans. Par ailleurs, du fait du corner, la machine a subi des con­train­tes d’exten­sion et de compression. Thierry n’a pas voulu prendre le risque de garder cette machine une année de plus : « si elle tom­bait en panne en pleine campagne, on aurait payé le prix fort, et on risquait de mettre en péril une partie de la récolte de maïs ».

Les propriétaires de la ferme ont donc décidé d’investir dans un corner de précision Valley® en Polyspan® guidé par GPS. C’était un gros investissement, mais cela valait la peine car cette nouvelle machine est parfaitement adaptée à cette parcelle de forme irrégulière et à l’eau très ferrugineuse de la ferme. De plus, la technologie GGS (GPS Guidance System) Valley® est compatible avec les produits GPS-RTK de différentes marques comme John Deere®, ce qui a permis à notre agriculteur de s’appuyer sur un réseau RTK de ses tracteurs.

 

Revêtement Polyspan®. Le corner a un revêtement intérieur en polyéthylène (PolySpan®), pour éviter que l’eau ferru­gineuse ne corrode les travées (le PolySpan® est un revêtement en poly­éthylène installé à l'intérieur du tube de travées et qui protège ce dernier des effets corrosifs de l'eau ferrugineuse).

L’agriculteur a également choisi un corner muni d’asperseurs avec cannes de descentes afin que l’eau ferrugineuse n’arrose pas les travées et ainsi les préserver de la corrosion extérieure.

Ce type d’asperseurs (dirigés vers le bas) présente également l’avantage de limiter l’évaporation, et par conséquent de faire d’importantes économies d’eau. Seul inconvénient des pendillards : lorsque le maïs est haut, il est difficile de voir si les asperseurs sont bouchés ; cette solution nuit un peu à la surveillance des pivots pendant la campagne d’irrigation.

 

Guidage par GPS du corner. Le corner de précision permet à la dernière travée de se déployer ou de se replier et ainsi de suivre la forme du champ. Deux variateurs, un à chaque extrémité du corner, coordonnent la bonne marche des deux tours. « S’il y a un obstacle, par exemple de la forêt com­me c’est le cas ici, la dernière tour se rétracte. Complètement rétracté, le corner forme un angle à 90°. Au contraire, lorsque l’on est en extension complète, le déploie­ment est de 162° maximum », explique Armel Morlet.

Le principe de fonctionnement du GGS repose sur l’utilisation d’une antenne GPS positionnée sur la tour de la travée-corner, à la place des antennes du guidage enterré traditionnel ; cette antenne GPS est en communication avec une constellation de satellites qui déterminent la position de la machine ; cette mesure de position est affinée et corrigée grâce à la technologie RTK : une radio située également sur la tour de la travée-corner est en communication par radio avec une station de référence RTK située sur une proéminence fixe. La station RTK apporte ainsi la précision nécessaire pour le guidage précis du corner.

« Avant la mise en route de la machine, on procède à la saisie des points singuliers de la parcelle (coins, angles, obstacles) afin de créer la trajectoire du corner grâce à un programme dédié » reprend Armel Morlet. « Ledit programme est alors chargé dans l’ordinateur GPS embarqué sur la dernière tour ; l’ordinateur interprète et ajuste en continu l’évolution de la machine dans la parcelle, grâce au programme de trajec­toire et aux informations reçues des satellites et de la station de base RTK ».

Par ailleurs, le Corner, suivant qu’il est ouvert ou replié, ne va pas arroser la même surface. Le pivot-corner gère automatique­ment la quantité d’eau apportée par le bras corner au fur et à mesure qu’il se plie ou se déploie, tandis que le pivot continue de tourner : l’apport d’eau, d’un point de vue de l’uniformité (conditionnée par le plan de busage), tient compte de l’angle du corner par rapport au reste de la machine, grâce à des hydrovannes qui gèrent automatique­ment l’ouverture/ fermeture des asper­seurs positionnés sur la travée corner. Cela permet d'apporter exactement la bonne quantité d'eau dans les différentes zones de la parcelle, et de réaliser ainsi d'importantes économies d'eau.

Il faut préciser que le guidage par GPS n’existe que pour les corners et pour les rampes. En effet, un pivot n’a pas besoin d’être guidé puisqu’il tourne en rond.

 

Le déroulement de la campagne 

Sur cette parcelle alternent des plantations de carotte et de maïs ; y est actuellement cultivé du maïs et dans cinq ans, il y aura un retour à la carotte. Nous avons visité la ferme au mois de décembre ; à cette période, la parcelle était recouverte d’une herbe verte très courte. M. Thierry Gorchon-Ricart nous explique : « On a fait un verdissement car les consignes de la PAC ont changé ; on n’a pas le droit de détruire avant février ».

 

Déchaumage. En février, il est prévu de déchaumer avec une déchaumeuse, ma­chi­ne munie de dents ou de disques qui permet de réincorporer la verdure dans le sol.

 

Labours et semis. « En avril, c’est la période des labours, et lors de la première fenêtre de beau temps, on sème (60 hectares de semis par jour) ». Un engrais localisé est appliqué avec les semences de maïs.

 

Apport en azote. L’azote doit être apportée au bon moment afin de suivre au plus près les besoins de la culture au cours de sa croissance. Les besoins en azote du maïs deviennent importants après le stade 10 feuilles. Pour couvrir au mieux cette période, l’apport principal doit être réalisé entre 4 et 10 feuilles, l'idéal étant de l'appliquer autour des stades 6-8 feuilles.

 

Traitement insecticide. « Depuis trois ans, on est obligé d’appliquer un traitement insecticide au mois de juin car on a un problème de sésamie sur l’exploitation », explique M. Gorchon-Ricart. La sésamie est un insecte foreur des tiges de maïs qui perfore les tiges et provoque un affaiblissement généralisé de la plante. En cas de fortes attaques, la plante peut casser et les épis tomber au sol avant la récolte. Le broyage systématique des cannes de maïs après récolte permet de limiter la prolifération du ravageur.

 

Campagne d’irrigation. La campagne démarre en juin-juillet, selon le temps. L’année dernière, elle a commencé un peu en avance, début juin car il a fait très beau. « Il faut vite réagir, car quand le maïs est jeune, la feuille a tendance à tourner rapidement » nous explique Thierry. L’ex­ploitation est équipée de sondes tensio­métriques qui permettent d’anticiper les besoins en eau.

On compte 6 forages sur cette parcelle, soit 170 m3 pour 78 hectares. Les forages sont creusés dans la nappe superficielle, entre 18 et 25 mètres. Depuis la tempête de 1999, la nappe descend moins bas car il y a moins de pins (les pins boivent énormément d’eau). Il n’est donc pas nécessaire de creuser très profond.

 

Le corner de précision guidé par GPS est une machine exceptionnelle adaptée à certaines configurations. Le guidage par GPS va certainement se développer dans les années qui viennent car il permet d’apporter exactement la quantité d’eau nécessaire sur l’ensemble de la parcelle quelle que soit sa forme. Arrosage de précision et économies d'eau sont au rendez-vous.