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Quelque soit le matériel qui les constitue, les terrains de sport ont besoin d'un système d'arrosage performant, indispensable à la bonne santé des végétaux
Le gestionnaire du terrain doit savoir si son sol est sableux, limoneux, argileux

Quelque soit le matériau qui les constitue, les terrains de sport ont besoin d’arrosage ; que ce soit les terrains de football et de rugby (en gazon naturel , en stabilisés ou en synthétique), les terrains de tennis (en gazon ou en terre battue), les hippodromes et les centres équestres (en gazon ou en sable) et les golf  en gazons, un système d’arrosage performant est indispensable à la bonne santé des végétaux et à la qualité de jeu.

 

L’objectif  de l’arrosage diffère en fonction de la composition du terrain : les terrains synthétiques sont arrosés afin d’améliorer la glisse (qualité de jeu) et pour les refroidir car ils ont tendance à chauffer au soleil et à dégager  une mauvaise  odeur. L’arrosage des terrains minéraux (stabilisés ou en terre battue) permet la fixation des poussières et l’assouplissement du terrain. Enfin, les terrains en gazon naturel  sont arrosés pour accompagner l’implantation du végétal et son maintien et pour un meilleur confort de jeu (souplesse du sol). L’arrosage des sols sportifs est indispensable, car il permet :

• aux athlètes de supporter les chocs (souplesse du sol),

• une qualité de jeu optimale,

• d’augmenter la fréquentation des terrains,

• de créer des zones de confort dans les îlots de chaleur (rafraîchissement par transpiration des végétaux),

• d’améliorer l’esthétique des terrains, en cas de retransmission télévisée, ou simplement pour le plaisir des utilisateurs.

Afin d’assurer un arrosage optimum, les gestionnaires de sites ont recours à un système d’arrosage performant présentant plusieurs avantages :

• financiers avec la libération de temps de travail du personnel, et des réductions de la facture d’eau,

• environnementaux avec les économies d’eau (arrosage de nuit, maîtrise du temps d’arrosage), la diminution d’intrants chimiques (engrais et produits phytosanitaires) et la réduction des interventions d’entretien.

 

Quel système d’arrosage pour les terrains de sport ?

Un arrosage raisonné permet d’apporter la juste quantité d’eau à la plante, ni trop, ni pas assez ; en effet, un manque d’eau entraîne un stress hydrique, et par conséquent une dégradation de la structure du sol et du végétal. De la même  manière, un excès d’eau attire les ravageurs et entraîne des maladies ; par ailleurs, le lessivage appauvrit les sols et entraîne une consommation d’engrais plus importante.

Le plan d’implantation des arroseurs est très important (schéma page 44).

En effet, une implantation serrée permet d’avoir des gouttes plus fines et une meilleure répartition de l’eau dans le sol.

L’une des difficultés est de trouver une implantation cohérente par rapport aux dimensions du terrain (longueur et largeur) dans le but de se rapprocher d’une implantation au carrée.

La situation idéale est d’installer la même buse, pour tous les arroseurs, partout et de faire une gestion de son arrosage par le temps. L’idéal est d’avoir une électrovanne par arroseur afin de gérer chaque zone individuellement. Par exemple, il arrive qu’une partie du terrain soit plus ombragée, et n’ai  par conséquent pas les mêmes besoins en eau que le reste du terrain. Cela permet de ne pas sur-arroser certaines  zones.

La notion d’uniformité de l’arrosage est très importante car elle permet de savoir si notre arrosage est optimal. Même avec une im­plan­tation optimale des arroseurs, la distribution, sur chaque m2 de surface arrosée, n’est pas régulière, car la pluviométrie reçue est égale à la somme des pluviométries provenant des asperseurs les plus proches. Or, ces pluviométries dépendent de la distance du point aux divers asperseurs et sont fonction de la courbe pluviométrique de l’asperseur choisi, fonctionnant avec une (ou des) buse(s) d’un diamètre défini et sous une pression déterminée. Suivant la marque et le type de l’asperseur, ainsi que le diamètre des buses et la pression de fonctionnement, la courbe pluviométrique est différente. Donc, en fonction de l’asperseur choisi et du couple « buse-pression », la variabilité de la pluviométrie est différente.

Les différents types de mesure sont les suivantes :

• le coefficient d’uniformité CU, créé à l’origine pour les mesures d’uniformité agricole,

• l’uniformité de répartition DU qui correspond aux mesures du terrain,

• le coefficient de sécheresse SC, coefficient multiplicateur pour apporter la dose d’eau nécessaire à la plante.

Les résultats sont considérés très satisfaisants lorsque le CU est de 93 %, le DU de 90 % et le SC de 1.1.

Par ailleurs, des outils sont à la disposition des utilisateurs pour optimiser leur arrosage comme la gestion centralisée, les programmateurs et les sondes. Aujourd’hui, il n’est pas concevable qu’un programmateur ne soit pas associé à minima à un pluviomètre.

 

Pour optimiser son arrosage, le gestionnaire du site  doit avoir une bonne connaissance de son terrain

Connaissance des sols :

le gestionnaire du terrain de sport doit savoir si son sol est sableux, limoneux, argileux. La teneur en eau d’un sol est fonction de sa porosité et de sa perméabilité. Chaque type de sol possède ses avantages et ses inconvénients. Ainsi, les sols argileux sont plutôt lourds et difficiles à travailler, mais ils retiennent bien l’eau. Les sols limoneux sont relativement légers et faciles à travailler, mais ils ont tendance à former une croûte de battance qui peut gêner la levée des jeunes plantules. Un sol sableux conserve peu l'eau, mais est naturellement poreux  drainant (enracinement facile) et peu sensible au trafic. Il est peu fertile, car il contient des éléments grossiers.

Connaissance du végétal :

chaque type de gazon a ses propres caractéristiques. Il faut se demander quel type de gazon on a, quels sont ses besoins en eau, sa sensibilité à la chaleur, à la sécheresse, aux ravageurs… Le fétuque  élevé  est tolérant  à la chaleur, mais ils est  sensible  à la Pyricularia, maladie qui passe inaperçue les premiers jours mais qui fait d’énormes dégâts ensuite. De même,  le pâturin  des prés est  tolérant  à la chaleur, mais  le  Pao annua et Poa Trivalis ont  au contraire une très faible résistance à la chaleur.  Si l’on s’aperçoit que l’espèce semée n’est pas adaptée à la configuration de son terrain, il faut la remplacer pas une espèce plus résistante. Pour créer une pelouse, l’idéal est de semer un mélange de différentes espèces de graminées à gazon, sélectionnées pour leurs qualités complémentaires, et adapté à son terrain.

Connaissance des éléments extérieurs :

l’évaporation n’est pas la même dans un climat méditerranéen ou dans un climat océanique, donc les besoins en eau ne sont pas les mêmes. D’où la nécessité de posséder les données climatiques (Evapo Transpiration Poten­tielle ETP) via une station météo à proximité ou propre au site.

 

Economiser l’eau rime aussi avec apprentissage

Pour bien maîtriser les outils, la formation du personnel est nécessaire. A cet effet, le Syndicat national d’arrosage automatique (Synaa) propose des formations en arrosage :

• les formations courtes Expert’O (8 modules) en partenariat avec l’école Léa-Tecomah : elles s’adressent à l’ensemble des acteurs de l’arrosage (installateurs, décideurs publics ou privés, concepteurs et utilisateurs). Ces formations permettent d’acquérir des connaissances pratiques et théoriques pour concevoir, installer et utiliser un système d’arrosage en optimisant sa consommation en eau.

• La formation longue diplomante (ministère de l’Agriculture) : à l’issue de cette formation, les jeunes diplomés, titulaires du CSAI (Certificat de Spécialisation Arrosage Intégré) pourront prétendre exercer un métier spécialisé en arrosage automatique (concep­tion, réalisation, gestion d’installation) et intervenir sur différents types d’installations dont les terrains de sport et de loisir. Accessible après un bac professionnel ou technologique, cette formation de niveau IV est réalisable en un an par le biais de l’alternance.

Par ailleurs, les règles professionnelles de l’arrosage intégré sont téléchargeables sur le site du Synaa  www.synaa.com.

La gestion raisonnée d’un terrain de sport demande beaucoup d’attention : il faut avoir une installation d’arrosage performante, mais aussi bien savoir s’en servir. Par ailleurs, une bonne connaissance du  terrain, de ses composants, du type de sol et du climat de l’endroit où l’on se trouve est indispensable.