La DG Agriculture a publié le 1er juin une étude sur l'adaptation au changement climatique dans le secteur agricole de l'UE, axée sur la gestion de l'eau.
Cette étude fournit une base factuelle exhaustive à l'échelle de l'UE sur l'adaptation au changement climatique dans le secteur agricole, en mettant particulièrement l'accent sur les défis liés à l'eau. Elle examine les pratiques, les outils et les stratégies d'adaptation utilisés dans l'ensemble de l'UE ; les facteurs qui déterminent leur pertinence et leur adoption ; les coûts et les avantages associés ; ainsi que l'efficacité des politiques de l'UE et des États membres, en particulier la politique agricole commune (PAC), pour soutenir la capacité d'adaptation des agriculteurs et la résilience à long terme en matière d'eau.
· Principales conclusions de l'étude
Les données recueillies dans le rapport mettent en évidence six enseignements généraux concernant l'adaptation au changement climatique et la résilience en matière d'eau dans l'agriculture de l'UE :
• Les stratégies de gestion des risques à court terme doivent être complétées par une attention accrue portée aux mesures transformatrices de renforcement de la résilience à long terme ;
• La résilience face à l’eau repose sur une gouvernance coordonnée au niveau des bassins hydrographiques et ne peut être assurée uniquement par des mesures au niveau des exploitations agricoles ;
• L’évaluation de la pertinence des options d’adaptation nécessite de prêter attention aux interactions au sein du système et aux conséquences imprévues potentielles ;
• Une mise en œuvre cohérente des politiques est une condition préalable à une adaptation efficace et évolutive ;
• L'amélioration des systèmes de suivi, de collecte de données et d'évaluation est fondamentale pour une gestion adaptative ;
• Une adaptation efficace passe par la prise en compte simultanée des obstacles économiques, cognitifs et institutionnels.
Les données montrent que le changement climatique pose des défis de plus en plus importants à l'agriculture de l'UE, notamment en raison de ses répercussions sur la disponibilité de l'eau. Un large éventail de pratiques liées à l'eau a vu le jour au niveau des exploitations agricoles, telles que les technologies d'irrigation efficace, le stockage de l'eau, la rétention d'eau dans les sols et la sélection de cultures nécessitant moins d'eau. Pourtant, l'adaptation reste principalement progressive et l'analyse montre que l'efficacité de ces mesures dépend en fin de compte de conditions hydrologiques et de gouvernance plus larges. La modernisation de l'irrigation et les investissements dans les infrastructures hydrauliques sont soutenus dans tous les États membres, mais leur contribution à long terme à la résilience dépend fortement de la manière dont la répartition de l'eau est réglementée, surveillée et appliquée.
Si les agriculteurs adoptent de plus en plus des technologies d'économie d'eau et des méthodes d'irrigation améliorées, la résilience hydrique ne peut être assurée uniquement par des mesures au niveau des exploitations agricoles. La gouvernance au niveau des bassins hydrographiques reste essentielle. La gestion de la demande en eau, la régénération des sols et les mesures de rétention d'eau verte à l'échelle du paysage sont souvent apparues comme des options d'adaptation durables et appropriées. L'augmentation de l'approvisionnement en eau (par exemple par le dessalement) peut jouer un rôle, mais comporte des risques plus élevés de mauvaise adaptation et d'effets de rebond.
Dans l’ensemble des systèmes agricoles, les mesures d’adaptation interagissent avec les processus environnementaux, les structures de marché et les dynamiques sociales d’une manière susceptible d’engendrer des résultats allant au-delà des effets escomptés. Par exemple, les gains d’efficacité réalisés dans les systèmes d’irrigation peuvent réduire la consommation d’eau par hectare, mais peuvent contribuer à une augmentation globale des prélèvements si les économies d’eau sont réaffectées à de nouvelles zones de production ou à des cultures plus gourmandes en eau.
L'analyse des interventions des États membres montre que la PAC apporte un soutien important aux pratiques pertinentes pour l'adaptation, notamment la couverture du sol, la diversification des cultures, l'agriculture de précision et l'amélioration de l'irrigation. Toutefois, le degré de coordination ou d'intégration entre les différents instruments varie. Néanmoins, la PAC pourrait être davantage mise à profit pour remédier aux lacunes existantes, par exemple par le biais d'une coopération visant à élaborer des stratégies locales avec les acteurs concernés dans les États membres confrontés à une pénurie d'eau.