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Réalisation d’un réseau d’irrigation goutte-à-goutte enterré : principes de base et recommandations

L’irrigation enterrée réalise une plus grande efficience agronomique en apportant au plus près de la plante les ressources néces saires à son parfait développement et en réduisant la production des adventices.
Il est indispensable d’orienter sa maintenance d’une approche curative (traiter le problème quand il survient) vers une approche préventive, voire prédictive (anticiper la survenue d’un problème en planifiant une intervention)

Que cela soit en agriculture (agrumes, oliviers, vignes, fruits à noyaux ou à coques, céréales, canne à sucre…) comme en irrigation parcs et jardins (pelouses, massifs arbustifs ou floraux, sédum pour les toitures végétalisées…), l’irrigation enterrée apporte de nombreux avantages que de plus en plus de clients commencent à comprendre et à apprécier. En témoigne les très nombreux questionnements que nous avons reçus lors de salons comme le SITEVI 2017 à Montpellier ou PAYSALIA 2017 à Lyon, qui ne se limitaient plus à de la curiosité mais réellement à l’envie de concrétiser des projets à court terme.

 

Pourquoi avoir recours à une irrigation enterrée ?

Rappelons quels sont les motivations à réaliser ce type de système :

• viser une plus grande efficience agronomique en apportant plus près de la plante les ressources nécessaires à son parfait développement (eau et fertilisants), et en réduisant la production des adventices (en réduisant voire en éliminant le recours aux herbicides) ;

• réaliser des économies tangibles (eau, énergie, fertilisants, herbicides, pesticides, main d’œuvre…sol) en tirant partie de la meilleure efficacité du système ;

• augmenter l’efficacité opérationnelle en protégeant le système, en le rendant plus discret, et en augmentant sa durée de vie en le mettant à l’abri des agressions mécaniques (vandalisme, tailles, …) et du rayonnement UV ;

• faciliter la vie des utilisateurs grâce à l’automatisation et la gestion centralisée de son irrigation et son apport de fertilisants, pour se libérer des contraintes de présence terrain, mieux affronter le réchauffement climatique et plus largement se ménager du temps pour se concentrer sur son cœur de métier et ses tâches principales ;

• agir pour l’environnement en permettant par exemple l’utilisation d’une eau recyclée pouvant comporter des agents pathogènes sans les diffuser au contact des populations dans les parcs et jardins.

 

Le rappel des principes de base

Bien évidemment on ne réalise pas une irrigation enterrée efficace et pérenne de la même façon qu’une installation de surface. Des contraintes existent et elles ne doivent pas être négligées. On pourra citer notamment :

• des conséquences plus graves en cas de colmatage partiel ou total de l’installation. Il sera plus complexe de remplacer tout ou partie de l’installation. Les exigences sont donc bien plus importantes sur la nature et la technologie des goutteurs utilisés ;

• une conception réseau adaptée et différente d’une installation classique pour prévenir les risques et faciliter l’adoption d’une maintenance préventive régulière ;

• une conduite de l’irrigation adaptée et précise, ceci afin d’éviter des stress hydriques prolongés qui demeurent la cause principale des entrées racinaires ;

• un investissement financier plus important mais qui va générer un meilleur retour sur investissement, mais après un délai plus important… demandant un calcul plus élaboré avant toute décision.

Par exemple on pourra citer la question la plus fréquente posée par tout candidat à l’adoption de cette technologie novatrice : comment limiter le risque d’avoir des intrusions racinaires dans les goutteurs ?

La technologie goutteur. Elle doit être parfaitement adaptée à cette application particulière. Selon notre expérience, le risque de rencontrer des problèmes de colmatages se réduit avec la présence de concepts que NETAFIM maîtrise depuis de nombreuses années :

• des goutteurs avec préfiltres conséquents et entrée d’eau placée au centre du flux ;

• l’autorégulation avec une membrane silicone souple et efficace susceptible de favoriser l’auto-nettoyage du goutteur ;

• l’anti-siphon (AS) qui évite la succion de particules extérieures en fin d’irrigation ;

• la présence d’une chambre ou compartiment anti-racine ;

• la prise en compte des facteurs agronomiques (typologie de culture, sol, profondeur d’enfouissement, travail du sol, …) ;

• le recours à la technologie cuivre (notamment oxyde de cuivre, XR).

 

 

INNOVATION AS XR NETAFIM™ pour applications goutte-à-goutte enterré : son secret c’est un oxyde de cuivre innovant directement mélangé à la matière constitutive du compartiment anti-racine des goutteurs NETAFIM UNIRAM / UNIWINE / UNITECHLINE / BIOLINE modèles XR. Le concept XR a été développé exclusivement par NETAFIM pour offrir en applications goutte-à-goutte enterré et à chaque segment de marché (irrigation en agriculture et en parcs et jardins, eaux recyclées) la meilleure protection contre les intrusions racinaires et les développements biologiques, sans rejets chimiques et donc sans impact sur le milieu naturel. Pour une irrigation enterrée plus efficace, avec un produit plus durable, dans un environnement préservé.

 

La particularité du design hydraulique.

On ne réalise pas du tout le même réseau hydraulique lorsque qu’on enterre le goutte-à-goutte. En plus d’adopter des gout­teurs conçus et fabriqués pour cela, on doit tenir compte de nombreuses particularités :

• une filtration automatique élaborée (quand l’eau ne provient pas du réseau domestique), susceptible de mieux protéger les goutteurs (type à sable ou à disques) ;

• une fertilisation performante, capable de prévenir l’apparition de problèmes de mélanges et d’apparition de divers agglomérats (excès des apports, incompatibilités de certaines substances entre elles, précipités…) ;

• une parfaite gestion de la pression dans le réseau (utiliser des vannes de régulation ou des régulateurs de pression pour garantir le bon respect des pressions calculées lors de l’étude hydraulique) indispensable en irrigation enterrée ;

• la présence de moyens de lecture et de surveillance de grandeurs physiques, comme par exemple les débits avec des compteurs d’eau ou de pression (mano­mètres), afin de contrôler et d’anticiper les dérives (exemple : débit réel inférieur au débit théorique = risque de colmatage partiel, débit réel supérieur au débit théorique = risque de fuites sur le réseau). Egalement des sondes d’humidité pour mieux maîtriser ses apports ;

• des vannes à air susceptibles d’éviter l’apparition de dépression dans le réseau comme de surpression liées à la présence d’air, ou de faciliter les circulations d’air entre l’extérieur et l’intérieur du réseau ;

• une connectique adaptée aux contraintes présentes dans le sol ;

• la présence de solutions de purge des réseaux pendant l’irrigation pour faciliter l’extraction des matières accumulées et prévenir le risque de colmatage physique.

Ces deux derniers points sont très sensibles car de loin les plus techniques. Pour la connectique, nous n’avons jamais recours aux raccords « grommets » mais à la technologie collier de prise en charge + allonges QFLEX™. Certes plus chère, mais infiniment plus robuste face aux mouvements de sol en conditions enterrées, surtout en présence de sols argileux et pierreux. Ces produits évitent les fuites très préjudiciables pour la performance du système enterré.

 

INNOVATION NETAFIM QFLEX™ pour applications goutte-à-goutte enterré : une nouvelle gamme d’allonges pour garantir la qualité et la rapidité de la connectique en goutte-à-goutte enterré ou en surface. De nombreuses variantes existent et sont constituées d’un tuyau flexible indéformable (pas d’ovalisation ou d’écrasement) et de différents types de raccords aux extrémités, afin de relier un peigne d’alimentation (polyéthylène, PVC ou tuyau flexible type FLEXNET™) muni de colliers de prise en charge et les lignes de goutteurs à parois fines ou bien épaisses, et ce quelle que soit l’application terrain. Plus sûr, plus durable et pour un gain de temps conséquent sur les chantiers ! Chez NETAFIM nos études sont systématiquement réalisées sous outils de simulation informatiques (logiciel IRRICAD) et nous cherchons à optimiser ces aspects dès la conception. Par exemple nous n’hésitons pas à proposer le dimensionnement d’une station de tête (system head) comprenant un pompage susceptible d’alimenter le réseau correctement, et ce malgré des débits d’appels de purges conséquents, et ainsi garantir des pressions en fin de ligne susceptibles de maintenir des vitesses de purges minimales.

 

Nos recommandations : suivi de l’irrigation, entretien… du curatif passez au préventif !

En irrigation enterrée, la gestion de l’irrigation est primor­diale. Nous recommandons l’expertise d’un agronome dès la phase de conception (aide au choix du position­nement des lignes de goutteurs dans le sol, en fonction des cultures et des typologies de sol) comme de la phase de mise en exploitation. En tenant compte de facteurs agronomiques (sol, culture) et climatiques, ils sauront conseiller l’exploitant tout au long de la saison pour optimiser les phases d’irrigation et de fertilisation, et éviter les risques de stress hydrique.

Au-delà donc de la spécificité liée au réseau, puis de sa conduite, il est indispensable d’orienter sa maintenance d’une approche curative (traiter le problème quand il survient) vers une approche préventive, voire prédictive (anticiper la survenue d’un problème en planifiant une intervention). Un entretien périodique adapté devra être mis en œuvre. Il devra comprendre un plan de purge des réseaux, avec des fréquences de vérification des grandeurs physiques (pression, débit…), des nettoyages des moyens de filtration (automatiques ou manuels) et enfin des traitements au moyen de solutions faiblement concentrées d’acide pour lutter contre les dépôts physiques (nitrique ou ci­trique) voire d’eau oxygénée ou de chlore pour éliminer les dépôts biologiques.

 

Et les perspectives futures ?

L’enfouissement des systèmes de goutte-à-goutte est pratiqué et realisé depuis plusieurs décennies et dans de nombreuses applications par Netafim. Nous constatons avec satisfaction aujourd’hui que les producteurs agricoles français comme les acteurs du paysage sont désireux de rattraper un retard existant avec d’autres pays sur certaines cultures (Italie/vigne, Israel/gazon, USA/maïs, Espagne/arboriculture…). Nous pensons que les nouvelles générations de goutteurs, le professionnalisme grandissant des installateurs, le développement des technologies de management des cultures (sondes/ programmateurs/systèmes centralisés..) couplés à un suivi agronomique minutieux vont encore grandement faciliter le développement de cette irrigation innovante pour la rendre dans les années futures encore plus commune en France.

Mais il est clair également que des compromis trop économiques feront toujours courir le risque à certains producteurs ou collectivités de connaître des déceptions et d’entretenir certains niveaux de doute et de suspicion chez d’autres clients potentiels. C’est pourquoi nous agissons pour que les acteurs professionnels de ce marché respectent les prérequis d’une telle pratique innovante, mais également très exigeante ! C’est de cette façon que nous créerons véritablement de la valeur sur le marché de l’irrigation en France et dans le monde.