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La cascade et le plan d’eau fonctionnent en circuit fermé
 Ce collectif d’artistes très actifs réalise ses créations dans les anciens chantiers navals que l’on aperçoit en face du jardin,

Je me suis rendue dans le jardin de Misery à Nantes par une très belle matinée du mois d’octobre, accompagne d’Yvon Cessou, directeur de la société Arrosage System. En quelques mois, un véritable jardin tropical avec arrosage un goutte-à-goutte et une cascade spectaculaire est sorti de terre le long des quais de Loire dans une ancienne carrière naturelle. Le jardin a été inauguré le 29 septembre 2019.

En moins d’un an, cette ancienne carrière naturelle a été transformée en jardin tropical. La mairie a souhaité conserver les taggs peints sur les murs, à côté de la grille de l’entrée, afin de préserver l’esprit « friche » du lieu ; lors d’une deuxième phase des travaux, la seconde partie du jardin toujours en friche aujourd’hui, accueillera l’Arbre au Héron, arbre géant articulé en ferronnerie conçu par l’équipe du voyage. Ce collectif d’artistes très actifs réalise ses créations dans les anciens chantiers navals que l’on aperçoit en face du jardin, de l’autre côté de la Loire. A la sortie du bâtiment, ils ont déjà créé la première branche de l’arbre. Ils sont également les auteurs du curieux éléphant articulé en ferronnerie qui se balade dans Nantes, et qui fait trois fois la taille d’un véritable éléphant. On se souvient également du géant articulé qui avait défrayé la chronique à Nantes, il y a deux ou trois ans.

 

Plus de 3 kilomètres de goutte-à-goutte réparti dans l’ensemble du jardin

La première chose que l’on découvre lorsque l’on pénètre dans l’enceinte du jardin est une magnifique bambouseraie, et au loin, le long de la falaise, une cascade spectaculaire. Le sentier sur lequel on évolue est bordé d’essences tropicales variées : bananiers, fougères arborescentes et autre plantes tropicales fleuries se côtoient dans ce jardin exotique. En effet, doté d’un microclimat, le site bénéfice de températures clémentes, de 2 à 3° supérieures aux températures du centre-ville de Nantes.

« Une fois les plantations réalisées, ils ont ajouté des bananiers et d’autres végétaux tropicaux car ils trouvaient que ce n’était pas assez dense » explique Yvon Cessou.

Ces plantes tropicales sont arrosées avec un système d’arrosage goutte-à-goutte Netafim auto-régulant de diamètre 16, goutteurs 2.3 l/h, espacés de 30 cm. Un peu plus de 3 kilomètres de goutte-à-goutte a été réparti sur l’ensemble du jardin. Le système d’arrosage goutte-à-goutte est recouvert de mulch, afin de maintenir l’humidité dans le sol et de cacher le système d’arrosage, pour éviter que les promeneurs ne dégradent le matériel.

Un réseau d’arrosage spécifique a été mis en place pour l’arrosage des fougères arborescentes. Ce sont des plantes qui demandent un arrosage matin et soir, localisé à la base des feuilles. « Pour cela, nous avons tiré des capillaires d’arrosage à remonter le long des troncs avec un goutteur piqué dans la frondaison », explique Philippe Guilbaut, le conducteur de travaux de chez Arrosage System qui a réalisé l’installation.

 

La cascade et le plan d’eau fonctionnent en circuit fermé

Lorsque l’on avance encore sur le sentier, on arrive sur un pont construit au-dessus d’une grande réserve d’eau. Et au-dessus, à flanc de falaise, on aperçoit la cascade, spectaculaire. Les jets d’eau sortent de trois déversoirs munis de vannes de régulation. En bas, l’eau est réceptionnée dans le réservoir d’eau artificielle qui se trouve sous nos pieds.

Les cascades sont gérées par un automate ; il existe plusieurs réglages possibles : une variation linéaire des jets, du plus faible (30 m3/heure) au plus puissant (200 m3/heure), ou bien une variation aléatoire des jets, dans laquelle l’automate décide de faire telle ou telle séquence.

Au pied de la cascade dans le plan d’eau, un système de brumisation artificiel (TBD) diffuse de la brume, en alternance au pied de la cascade et sous le pont. « Lorsqu’il y a un gros débit des cascades, on évite d’actionner la brume sous la cascade, et on l’actionne sous le pont. Et inversement, lorsqu’il y a un faible débit au niveau des cascades, on actionne la brume sous la cascade » m’explique David Cottineau, automaticien électricité chez Arrosage System. Et il ajoute : « On a installé des compresseurs pour purger les réseaux ». En effet, des microbes pourraient se développer dans l’eau stagnante du système de brumisation.

La réserve d’eau, dotée d’une membrane géotextile, est un mélange d’eau de pluie récupérée et d’eau de ville. « En été, il faudra très probablement compléter avec de l’eau de ville, car l’eau de pluie ne suffira pas » explique M. Cessou.  L’eau fonctionne en circuit fermé. Des pompes de circulation de 200 m3 Flowserve branchées sur des variateurs de vitesse sont immergées dans le plan d’eau : une pompe remonte l’eau le long de la falaise dans une nourrisse, et une autre pompe, actionne la circulation de l’eau dans l’étang. Les deux pompes ont chacune une pompe de secours ; il y a quatre pompes au total.

Avant d’arriver dans les pompes, l’eau de pluie est soumise à une filtration végétale, avec un système de puzzolane. La puzzolane se présente sous la forme de pierres de lave dans des bacs placés les uns au-dessus des autres, au niveau des pompes. Ce système de filtration est entièrement naturel.

Par ailleurs, des buses de refoulement ont été installées dans le plan d’eau pour donner un effet de courant.

S’il y a un trop plein d’eau dans le réservoir, un système de débordement a été installé pour rediriger l’eau dans les égouts.

On poursuit notre promenade le long du sentier, et l’on découvre une autre partie jardin qui semble plus naturelle, entre le sentier et la falaise. Les espèces végétales ressemblent davantage aux espèces de chez nous. M. Cessou m’explique : « Dans cette partie du jardin, ils ont conservé les espèces naturelles : les ronces, les genets afin de montrer à quoi ressemblait le jardin d’autrefois ».

 

Les opérations de maintenance courante sont centralisées dans le local technique, limitant ainsi le temps d’intervention pour l’exploitant 

Enfin, on se dirige vers le local technique, qui abrite le cœur du système d’arrosage et de fontainerie. En entrant, on aperçoit tout d’abord 12 réseaux. « Les 12 zones d’arrosage ont servi à répartir l’arrosage sur des surfaces le plus équivalentes possible. Cela pour simplifier la programmation d’arrosage pour l’exploitant et répartir les débits selon les zones » explique David Cottineau.

 Sur la droite, on aperçoit le programmateur d’arrosage Rain Bird ESP-LXME qui pilote l’ensemble de l’arrosage du site. Il y a aussi deux armoires sur place : une armoire de fontainerie à droite et une armoire de brumisation à gauche, les deux étant gérées par des automates.

« L’installation en place dans le local technique est une installation que l’on a volontairement conçue pour être simple d’utilisation, et centraliser les opérations de maintenance courante dans le local technique, limitant ainsi le temps d’intervention pour l’exploitant » ajoute M. Guilbaut.

 

Un employé d’Arrosage System se rend sur le site une fois par semaine pour la maintenance. Aujourd’hui, il a mis le système en hivernage. « On remettra en route au printemps », explique M. Cessou. Et il poursuit : « En attendant cet hiver, il y aura un peu de protection de plantes à faire. Ça m’étonnerait qu’ils arrivent à tout garder, d’autant que les plantations ont été faites un peu tardivement dans la saison, en juillet ». Le chantier s’est en effet déroulé selon la chronologie suivante : Arrosage System est intervenu en premier pour mettre en place le système hydraulique, puis l’entreprise IdVerde a planté ; une fois que les plantations réalisées, Arrosage System est réintervenu pour implanter le système d’arrosage goutte-à-goutte.

 

 

En arrivant tout au bout du site, sur la droite, le jardin s’arrête brusquement. M. Cessou ajoute « C’est ici qu’ils vont implanter l’arbre au héron. Et au pied de l’arbre, il y aura un restaurant ».  Cette deuxième phase du chantier devrait être terminée en 2022. Il y aura aussi une troisième phase : un second jardin devrait être planté sur le côté droit de la carrière.