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Damir Cizmek, président de l'EIA, a présenté les défis de ce forum pour l'association et l'industrie de l’irrigation. Mme Alessandra Pesce sous-secrétaire d'État au ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation, des Forêts et du Tourisme d'Italie a reconnu l'importance de cette question pour le gouvernement et la société italiens.

 

La réutilisation de l’eau est le pilier de l’économie circulaire et apporte des solutions vitales pour atténuer les effets du changement climatique et de l’urbanisation croissante.

 

Les nouvelles politiques et réglementations, la mise en œuvre de technologies et d’outils innovants, les progrès de la science et la poursuite des discussions sur les aspects sociaux et économiques de la réutilisation de l’eau sont les principaux enjeux et difficultés pour parvenir à un accroissement  des projets de réutilisation de l’eau.

 

Le traitement de l’eau récupérée à l’entrée de la parcelle, qui constitue l’un des concepts importants, donnera une perspective de développement pour l’industrie de l’irrigation et induira le développement de produits et de pratiques visant à éviter la survie et la repousse des agents pathogènes dans les systèmes de stockage et de tuyauterie.

 

Le secteur professionnel de l'irrigation devra donc s'engager plus régulièrement dans des discussions sur les politiques et réglementations qui définiront cette partie de plus en plus importante de l'économie.

 

La proposition de la Commission européenne relative à un règlement sur les exigences minimales en matière de réutilisation des eaux (COM (2018) 337 final du 25 mai 2018) introduit de nouveaux concepts, tels que la mise en œuvre d'un plan de gestion des risques avec évaluation des risques pour l’environnement et la santé pour,  plus de transparence.

 

Il vise également à stimuler et à faciliter l'adoption de la réutilisation de l'eau pour l'irrigation agricole et à renforcer la confiance des consommateurs vis-à-vis des aliments produits avec de l'eau récupérée. La proposition vise également à stimuler les développements scientifiques et technologiques dans le traitement et la gestion de l'eau.

 

Toutefois, cette proposition exclura inévitablement un aspect important de la réutilisation des nutriments provenant des effluents domestiques en raison du niveau de traitement requis. Les exigences en matière de traitement, telles que suggérées par la Commission européenne, vont au-delà de ce qui est effectivement gérable dans la pratique et en dehors des conditions de laboratoire.

 

L’exemple italien a montré que les réglementations strictes n’entraînaient que le développement d’une réutilisation indirecte / incontrôlée, parfois à partir d’eaux brutes rejetées dans des rivières, au lieu d’une réutilisation directe / gérée.

 

Les exigences de traitement de haut niveau induiront également des coûts supplémentaires de dépuration (environ 0,5 à 0,8 € / m3). Par conséquent, seules les activités à revenu élevé, telles que la réutilisation de l’eau pour les paysages et les terrains de golf, auront la capacité d’absorber le coût supplémentaire. Cependant, la proposition ne vise que la réutilisation des eaux pour l'agriculture et manque de promouvoir la croissance dans les secteurs où les barrières sociales à la réutilisation des eaux sont intrinsèquement plus basses.

 

On craint légitimement que cette approche puisse effectivement empêcher le développement de la réutilisation de l’eau au lieu de la propulser, un peu comme ce fut le cas en Australie où des réglementations similaires rigoureuses ont été adoptées.

 

La nécessité d'une réglementation n'est pas discutable, mais de nombreux domaines de la proposition actuelle doivent être réexaminés avant de pouvoir créer un environnement gérable pour la réutilisation améliorée de l'eau d'irrigation dans tous les secteurs.

 

À la suite des discussions tenues lors du forum de Bologne, l'EIA mettra à jour le document de synthèse qui avait été envoyé à la Commission européenne au début de l'année au cours de consultations publiques (http://irrigationeurope.eu/news/eia-position-paper-eu -commission). Le document mis à jour sera envoyé aux unités et aux comités concernés de la Commission européenne, du Parlement européen et du Conseil européen.