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45 pivots et technologie GPS pour irriguer du maïs dans les Landes

 

À la limite des Landes et de la Gironde, près de Sanguinet, l’exploitation de M. Nérault s’étend sur 1460 ha. M. Nérault y cultive du maïs en monoculture, entièrement irriguée à l’aide de quarante-cinq pivots et rampes frontales, et entièrement automatisée.

Nous nous rendons sur les lieux avec Armel Morlet de la société Valmont. Lorsque nous approchons de la ferme, nous apercevons des pivots de part et d’autre de la route, et des forêts de pins qui s’étendent à perte de vue, paysage typique des Landes. Nous entrons dans l’exploitation et nous nous arrêtons dans une très grande parcelle, au milieu de laquelle se trouve un double pivot. À lui seul, le champ s’étend sur 180 hectares, et pas moins de 5 pivots sont nécessaires pour l’irriguer: un double pivot au centre, de deux fois 600 mètres,et quatre autres pivots, un dans chaque coin du champ. Le pivot qui se trouve au centre est recouvert de rouille: « L’eau dans cette région des Landes est très ferrugineuse, ce qui contribue à brunir les pivots, particulièrement lorsque les asperseurs se trouvent au-dessus de la travée », m’indique-ton.

Le pivot est équipé de deux armoires: une ancienne armoire qui n’est plus opérationnelle, et une armoire Valley GPS Ready, flambant neuve: « Depuis que l’installation a été automatisée, toutes les anciennes armoires de différentes marques ont été changées et remplacées par des armoires Valley », reprend Armel Morlet.La position des machines est, dans la plupart des cas, mesurée grâce au GPS installé sur chaque machine (pivots et rampes). Nous reprenons la voiture et faisons un deuxième arrêt un peu plus loin, dans une parcelle de plus petite taille. Cette fois-ci, la parcelle est équipée d’un grand pivot simple Otech de 13 travées. Sur le pivot, nous pouvons apercevoir une armoire Valley GPS Ready et une antenne, qui envoie les informations du pivot jusqu’à la ferme par radio.Nous nous déplaçons encore une fois en voiture et nous arrêtons cette fois-ci dans un champ circulaire de 98 hectares alimenté par un seul très grand pivot Valley PolySpan de 10 travées. Ce pivot dispose d’une cuve, elle-même alimentée par six ou sept petites pompes. Dans le local à proximité du réservoir, se trouve la commande de toutes les pompes qui remplissent la réserve, ainsi que la pompe de reprise. Ce type d’installation avec cuve est valable pour tous les gros pivots de l’exploitation.

Les petits pivots quant à eux sont reliés en gavage direct par les pompes des forages.

Le choix des Landes pour la culture du maïs, qui demande beaucoup d’eau, n’est pas un hasard; en effet, la ressource en eau y est abondante. Sous les sols sablonneux des Landes, une nappe du plio-quaternaire, très chargée en fer, permet aux agriculteurs de bénéficier en permanence d’une réserve d’eau.

 

45 pivots sont reliés à la ferme par Radio

 

Nous nous dirigeons ensuite vers la ferme où nous allons rencontrer le fils du propriétaire, Romain Nérault ainsi que son adjoint, Éric Gilbert. Historiquement, l’exploitation rassemblait deux fermes, la Lucate et la Courlouze, ce qui explique sa dimension de 1 460 hectares. Romain Nérault raconte :

« Lorsque mon père a racheté il y a trois ans, l’exploitation, déjà en monoculture de maïs, était équipée de pivots mal entretenus et d’armoires en piteux état ». La personne chargée du fonctionnement de l’irrigation arrivait à 6 heures du matin, et devait faire le tour de l’exploitation, vérifiant l’état de marche des pivots, un à un. Trois tournées dans la journée étaient nécessaires, et la dernière avait lieu vers 20 heures, sachant qu’il faut parcourir 7 kilomètres pour aller d’un bout à l’autre de la ferme.

 

À chaque fois que M.Nérault remplace une machine, il choisit un pivot Valley avec un revêtement intérieur en polyéthylène (PolySpan), pour éviter que l’eau ferrugineuse ne corrode les travées

 

La perte de temps en allers-retours était donc considérable,mais cependant indispensable, car l’été, le maïs doit être arrosé. « Une semaine sans arrosage équivaut à 10 ou 15 quintaux de maïs perdus » déplore Romain Nérault, « ainsi, lorsque nous avons repris la ferme, l’automatisation de l’installation d’irrigation s’est imposée, afin de pouvoir contrôler visuellement sur écran et constamment la situation de tous les pivots ».

Aujourd’hui, l’installation compte 45 pivots au total, dont une dizaine de machines Valley, ainsi que des pivots de marques Otech et France Pivot. À chaque fois que M. Nérault remplace une machine, il choisit un pivot Valley avec un revêtement intérieur en polyéthylène (PolySpan), pour éviter que l’eau ferrugineuse ne corrode les travées (le PolySpan est un revêtement en polyéthylène qui est installé à l'intérieur du tube de travées et protège ce dernier des effets corrosifs de l'eau ferrugineuse). Il a également une préférence pour les pivots munis d’asperseurs avec cannes de descentes afin que l’eau ferrugineuse n’arrose pas les travées, pour les préserver de la corrosion extérieure.

Parmi les 45 pivots de l’exploitation, on compte 6 rampes frontales. Contrairement aux pivots qui arrosent en cercle à partir d’un point central, la rampe frontale arrose en ligne, en faisant des allers-retours sur le champ; il y en a sur les pare-feux. L’installation compte également deux enrouleurs qui permettent d’irriguer des parcelles en croix. Par ailleurs, une dizaine d’hectares sont arrosés en couverture intégrale. Cette technique permet d’irriguer les zones que les pivots ne parviennent pas à couvrir ; en effet, les pivots arrosant en cercle, il y a souvent des angles morts non irrigués. Enfin, une petite parcelle en forme de « L » est arrosée avec du goutteà- goutte semi-enterré. « Il s’agit d’un test », précise Romain. « En effet, certaines parcelles complexes sont difficiles à irriguer avec des pivots ou des rampes. Le but est aussi de réduire le volume d’eau par hectare et la consommation de KWh par hectare ».

Romain Nérault nous reçoit dans ses bureaux avec son adjoint technique, Éric Gilbert, afin de nous expliquer la technique de pilotage à distance des pivots. L’ensemble de l’installation est automatisée grâce à la technologie GPS Ready de Valley. Cette technologie permet de savoir où se trouvent, à tout instant, les pivots et rampes frontales de l’exploitation.

Dans le bureau, un grand écran et un ordinateur permettent de surveiller l’irrigation.

 

L’ensemble de l’installation est automatisée grâce à la technologie GPS Ready de Valley. Cette technologie permet de savoir où se trouvent, à tout instant, les pivots et rampes frontales de l’exploitation.

 

Ainsi, sur l’écran, on peut visualiser l’ensemble de l’installation. « Les pivots sont représentés par des cercles ou des arcs de cercles, et les rampes frontales sont représentées par des rectangles » explique Romain Nérault. « Lorsque la zone est grisée, cela signifie que la machine est à l’arrêt, lorsque la zone est verte, cela veut dire que la machine fonctionne sans eau et lorsque les pivots sont bleus, cela signifie que nous sommes en eau et en fonctionnement. Enfin, lorsque la zone est rouge, cela veut dire qu’il y a un problème et qu’il faut intervenir. Ainsi, il n’est plus nécessaire de faire le tour de l’exploitation et de vérifier les pivots un à un. Il suffit d’intervenir sur les pivots en panne ».

Lorsque l’on clique sur un pivot, apparaît l’armoire sur l’écran, avec la pression, la position en degrés et la vitesse d’avancement du pivot. Le pivot peut être mis en route à partir de l’ordinateur ou d’un système informatique mobile, et il est possible d’agir à distance.

Ainsi, l’automatisation a permis à notre agriculteur de réaliser d’importantes économies de main-d’oeuvre, de temps et d’argent.

 

Déroulement de la campagne d’irrigation

 

Nous avons visité la ferme en hiver, au début du mois de décembre, période où l’on « déchaume », c’est-à-dire où l’on retourne les pailles. C’est aussi la période de l’entretien d’irrigation, qui se prolonge jusqu’au 15-20 février. Durant cette période, trois personnes sont réservées exclusivement à l’entretien du matériel d’irrigation (vidange des réducteurs, vérification de la pression des pneumatiques, vérification des boîtiers électriques…). Enfin, c’est aussi à ce moment qu’est réalisé le « retubage » des pivots dont les travées ont été abîmées.

A partir du 20 février commencent les labours. « Ensuite, on sème (10 à 12 jours), puis se déroule l’itinéraire cultural, jusqu’à fin mai, début juin. » précise Romain Nérault.

À la mi-juin démarre la campagne d’irrigation à proprement parler. Elle s’étend jusqu’à la mi-septembre, six personnes travaillent alors dans l’exploitation. « L’été, tout le monde est sur l’irrigation », explique Éric Gilbert. Les grands pivots tournent tous les jours (un pivot fait un tour complet en trois jours et demi). Ce n’est pas forcément le cas des petits pivots qui arrosent les angles.

Le maïs est récolté à l’automne. Ensuite, il passe par la phase de séchage et il est stocké dans le silo séchoir qui se trouve juste à côté des bureaux. Cette période dure 6 à 7 semaines. « Entre 18000 et 19000 tonnes de maïs sec sont produits chaque année ici », explique Romain Nérault. Le maïs est vendu sur les marchés. Les contrats sont généralement passés au printemps. Cette exploitation agricole des Landes s’inscrit dans un plus vaste ensemble dont la famille Nérault est propriétaire. Le groupe Pampr’oeuf intègre tous les métiers de la filière oeuf. Outre la production de céréales, le groupe fait de l’élevage de poules pondeuses, produit de l’engrais organique et des ovo produits, conditionne les produits, et a même intégré les filières logistiques et transport.

 

Ainsi, l’irrigation apparaît comme primordiale dans une exploitation productrice de maïs, et notre agriculteur n’a rien laissé au hasard, en investissant dans les machines les plus performantes avec une technique de pilotage à distance à la pointe de la technologie.