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Maîtriser l’irrigation par pivot et rampe frontale

 

Un appareil bien conçu et bien réglé économise de l'eau et améliore la production 

Comment choisir et utiliser un pivot ?

• Critères nécessaires à la con­cep­tion. La dose journalière à apporter (mm/jour) déter­mine le débit d’équipement. Cette dose est fonction de la capacité de stockage en eau du sol et de sa perméabilité, ainsi que des besoins en eau de la culture et des éven­tuelles pluies durant la campagne.Sur une installation existante, la connais­sance de la pression et du débit de la pompe dimensionne l’appareil et le type d’asper­seurs. La portée des asperseurs détermine l’intensité de la pluviométrie.

• Critères de choix. Le choix des asperseurs se fait en fonction de la pression disponible : les asperseurs de pivot doivent être à angle bas et fonctionner dans la plage de pression pour laquelle ils ont été conçus. • Sensibilité de l’arrosage au vent. L'arrosage est d'autant plus sensible au vent que les gout­tes produites sont petites (no­tam­ment en cas de pression élevée et hauteur impor­tante par rapport au sol).

• Intensité de l'arrosage. L’inten­sité est d'autant plus élevée que la portée des arroseurs est faible. Combinée avec la taille des gouttes, elle est directement responsable des dégradations de la surface du sol si elle n’est pas adap­tée au type de sol : risque de battance et de ruissellement induits. 

Les régulateurs de pression montés sur les arroseurs sont souvent nécessaires en zone accidentée. Les fabricants doivent respecter les normes européennes en vigueur : 

- EN 12325 : description des installations, performances et caractéristiques minimales (plan de busage), 

- EN 909 : respect de la sécurité des installations de type pivots et rampes frontales. 

L'ensemble de ces informations fait l'objet du plan de busage sur lequel sont reportées au moins toutes les informations listées ci-dessus. Ce document est con­trac­tuel et doit être obligatoirement remis à l’irrigant. 

 

Utilisation des appareils 

Dès le début de la campagne, il faut purger l’installation et vérifier le bon fonctionnement des asperseurs (rotation, obstruction) et le réglage du canon d’extrémité (portée et angle d’arrosage précisés dans le plan de busage). 

En second lieu, il faut vérifier avec un mano­mètre amovible les pressions d’entrée et d’extrémité. Ces pressions doivent être conformes aux pressions indi­quées dans le plan de busage (ne pas laisser le manomètre branché en perma­nence sur l’installation). 

Il faut également vérifier l’alignement des travées (entre elles). 

En cours de campagne, les pressions d’en­trée et d’extrémité doivent être contrôlées ainsi que le bon fonctionnement des asper­seurs et du canon d’extrémité (rotation, obstruction, dispositif coupe canon). Si les pressions sont différentes des pressions pres­crites, le débit est différent et donc la dose ainsi que la répartition de l’eau sont mau­vaises. Ces mesures doivent être réalisées régulièrement et sont impératives en cas de changement de busage. Enfin, la dose apportée peut être calculée par la relation suivante : 

D= Q/S x 2nxR/Vx10 

Q : débit à l’entrée de l’appareil en m3/h 

S : surface arrosée (ha) 

V : vitesse moyenne d’avancement de la dernière tour (m/h) 

R : distance entre l’axe de rotation du pivot et la dernière roue (m) 

? : 3,1416 

Dans le cas d’un appareil fonctionnant en secteur, corriger S et R sans oublier le temps necessaire au retour de la rampe. Pour un canon à fonctionnement intermittent, corriger seulement S. 

En fin de campagne, il faut graisser les trans­missions et gonfler les pneus pour éviter les pliu­res et protéger les installations élec­triques. 

Un busage et les asperseurs ont une durée de vie moyenne de 5 à 10 ans. 

Une rampe d'irrigation performante, c'est une dose adaptée. Elle doit tenir compte du sol (stockage, perméabilité) et de l’intensité pluviométrique de l’arrosage, et permettre de satisfaire les besoins de la culture durant les périodes de pointe.

 

Test rapide des bons réglages 

• Vérifier la dose d’irrigation. Cette vérification peut se faire au moyen de récipients placés sous chaque travée à une distance identique par rapport à chaque tour (exemple 15 m). Ce test peut être fait en plu­sieurs fois. Si le résultat des mesures montre une différence d’apport de plus de 10%, un diagnostic complet s’avère nécessaire. 

Une erreur de variation de dose de 10 % peut entraîner jusqu’à 20% de perte de rendement dans les sols légers type sables. Si le sous-dosage d’une travée se traduit par des tours d’eau supplémentaires, on a alors un surdosage sur le reste de la parcelle et donc un gaspillage d’eau. 

• Vérifier la pression de la dernière travée. Un piquage sur le denier asperseur permet faci­­le­ment cette vérification. Si une diffé­rence avec la pression indiquée sur le plan de busage est constatée, vérifier la pression en tête puis la station de pompage. 

• Vérifier le débit de l’installation. Cette vérification peut être faite par jaugeage de la bâche de reprise, ou par l’utilisation d’un compteur volumé­tri­que. Une mesure par débitmètre à ultrason est réalisée lors du diagnostic complet de l’appareil. 

• Réaliser un diagnostic hydraulique. Il permet la vérification du débit entrant dans l’appareil, de la pression en tête puis en extrémité. Si des écarts sont constatés par rapport aux prescriptions du fabricant, il y a recherche de la cause et possibilité de faire une étude d’un nouveau plan de busage adapté aux caractéristiques hydrauliques relevées sur le terrain.

 

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