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L’histoire débute aux USA avec le développement de la technique du semi direct et du non travail des terres. Depuis plus de 15 ans, Netafim USA propose aux maïsiculteurs  américains du goutte-à-goutte enterré pour irriguer leur culture de maïs. Plus de 5000 ha sont annuellement installés aux États-Unis. Aujourd’hui, la technique commence à traverser l’Atlantique et Netafim France, filiale du groupe Netafim tente d’adapter cette solution technique au contexte français.

Un chantier d’installation rapide

 

Il s’agit d’enterrer, à l’aide d’une sous-soleuse, plusieurs lignes de goutte-à-goutte en même temps, à une profondeur de 30 à 40 cm. Les gaines sont enterrées pour une durée de vie d’au moins 20 ans. Le reste de l’installation ressemble à toute autre installation de goutte-à-goutte enterré (photo 1).

Filtration, vanne à air et vanne de purge ainsi qu’un peigne collecteur seront dimensionnés en fonction du débit et de la pression de fonctionnement du réseau (photo 2). Dans 80 % des cas, les lignes de goutte-à-goutte sont espacées de 1,3 m, avec des distances entre goutteurs de 0,6 m et des débits de 1 l/h. Ainsi, quel que soit le sens de plantation, tous les pieds de maïs bénéficieront d’une bonne alimentation hydrique.

Le producteur commence d’abord à enfouir les lignes de goutte-à-goutte et ensuite à créer son réseau primaire et secondaire. Le temps d’installation varie en fonction du type de sol. 4 à

6 ha/jour peuvent être réalisés. L’étape la plus longue et la plus fastidieuse consiste à connecter toutes les lignes goutte-à-goutte aux peignes (photo 3).

 

Les avantages de cette technique sont nombreux.

 

C’est d’abord un avantage d’utilisation. Avec l’auto­ma­­tisation du réseau, le pro­ducteur passe beaucoup moins de temps à installer, régler et surveiller le système. Puis c’est un avantage environnemental. Les réductions d’eau peuvent aller de 15 à 30 % par rapport à l’aspersion (photo 4).

Tout est fonction du type de sol et de sa dynamique hydrique. En zone périurbaine, l’irrigation au goutte-à-gout­te des parcelles enserrées par des lotissements évite les nuisances de l’aspersion occa­sion­nées aux riverains. Enfin, c’est un avantage économique et financier. Les faibles pressions de fonc­tion­nement d’un réseau goutte-à-goutte, permettent aux producteurs d’économiser l’énergie (fuel, électricité) pour faire fonctionner les pompes. Mais le plus intéressant, c’est l’augme­ntation du revenu/ha, directement liée aux augmentations de rendement à la parcelle.

Le producteur associe préservation de la ressource et compétitivité économique. Véritable alternative entre les pro irrigants et les ennemis des cultures irriguées, le goutte-à-goutte enterré peut permettre aux producteurs français de continuer à cultiver des plantes fortes consommatrices d’eau et souvent d’un intérêt stratégique, et satisfaire les partisans d’une réduction des prélèvements d’eau.

 

Un marché potentiel important

 

Avec 1 500 000 ha de maïs cultivés en France, et 10 % de cette surface travaillée en semi direct, le marché potentiel de cette nouvelle application est important. Mais le maïs n’est pas la seule culture qui peut être conduite en goutte-à-goutte enterré. Toutes les céréales et oléo­protéagineux sont susceptibles d’être irrigués par cette technique. Seul l’écartement entre ligne sera différent, s’adaptant ainsi aux différentes densités de plantation des cultures.

Un prix qui concurrence les systèmes d’irrigation par aspersion.

Par rapport au système par aspersion, le prix /ha est sensiblement identique, voire inférieur, notamment pour les parcelles d’une surface de moins de 25 ha. Car c’est la surface et la configuration de la parcelle qui déterminera la faisabilité économique d’une telle installation.

 

Un atout majeur : la Fertigation.

 

C’est le point fort d’une telle installation. Grâce au positionnement des goutteurs au cœur du profil racinaire de la culture, les apports d’engrais sont optimisés à leur maximum. En fractionnant les apports, et en les apportant aux moments où la plante en a le plus besoin, le producteur possède un outil lui permettant de contrôler la croissance de sa culture. Au final, avec moins d’unités/ha, l’agriculteur économise des intrants.

 

Conclusion

 

La technique fonctionne et commence à séduire de plus en plus de producteurs. Mis à part des problèmes liés au sol ou à son travail, peu d’inconvénients existent. Les gaines ne sont pas biodégradables et donc peuvent être facilement extraites au bout de 20 ans d’utilisation. Une fois collectées, elles seront recyclées. Aujourd’hui, le seul frein à cette nouvelle façon d’irriguer est la méconnaissance du grand public de l’existence d’une telle technique.